0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

Le sixième «Mission impossible» vient de sortir en salle au coeur d’un été torride. Avec en vedette Paris version Disneyland. Outrance et violence climatisées.

Au frais dans le feu de la canicule

«Quel mec !»
C’est le mot de la fin. Le mec en question c’est le héros qui ne lâche pas l’écran pendant 2h30. Ethan Hunt, agent très spécial des services secrets US. Tom Cruise. Il va évidemment triompher de tous ces affreux, sales et méchants, qu’il croise sur son chemin.
L’histoire. Deux mots suffisent : The Apostles, les apôtres, ont mis la main sur trois charges nucléaires, que cette secte anarchiste menace de faire exploser. En ânonnant son mantra : «Plus grande est la souffrance, plus grande sera la paix».
Le compte à rebours peut commencer. Heureusement, Hunt le chasseur est là pour sauver l’humanité de cette apocalypse. Et on a droit à toute la panoplie : cascades insensées, traitrises surprises, courses-poursuites sans fin, guet-apens sanglants, bagarres boobaesques…
La bombe va-t-elle exploser ? Non bien sûr. Et on le sait dès le départ. Mais on se laisser entrainer par ce «je suis la tempête» qui déclenche le compte à rebours. Avec un Tom Cruise pas loin de la soixantaine mais qui tient le choc. Entre une «veuve blanche» fascinante et un méchant Superman qui a juré de le refroidir.
Quelques séquences saisissantes comme cette chorégraphie héliportée sur les hauteurs du Cashmeer. Rien n’est vraisemblable, rien. Mais on se laisse prendre au piège. Vertiges et frayeurs, très physiques donc irrésistibles !
Mais le plus révélateur c’est ce Paris filmé à l’américaine. Parachutage d’un avion fantôme, chute libre et atterrissage brutal sur le toit du Grand Palais. Et c’est parti pour un fantastique run and run. Place de l’étoile à l’envers, surf sur le canal Saint Martin, plongée dans les égouts de la ville lumière, slalom entre les colonnes Buren, marathon sur les toits de Bercy, Tuileries et Trocadéro vu du ciel… Le Sacré Coeur, Notre Dame, Le Panthéon à grande vitesse.
Grands angles no limite, accélérations trop speed, contrastes hard… Rythmés par une invisible fanfare qui rabâche le fameux refrain de l’IMF. Ta-ta-ta, ta-ta-ta…
La plus belle cité du monde en cartes postales chromo. Disneyland !
Ce qui frappe aussi, c’est l’humour aux abonnés absents. L’avenir de la planète est en jeu. Jeu vidéo of course. Résultat, une gravité très sentencieuse taquinée par le ridicule.
On en ressort gavé de violence et de spectaculaire, de niaiseries aussi. A voir dans le feu de la canicule pour pouvoir soupirer 2h30 au frais !

«Mission impossible : Fallout» de Christophe MacQuarrie avec Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson, Vanessa Kirby… 2h28.