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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Trois ans qu’elle n’était pas venue à la Maison de la Danse. La chorégraphe sud-africaine a fait un retour remarqué avec sa version de «Giselle».

Dada Masilo Une Giselle féministe

«Roméo et Juliette», «Le lac des cygnes», «Carmen»… Dada Masilo aime adapter les grands classiques et le prouve une nouvelle fois en s’attaquant à «Giselle», célèbre ballet romantique du 19e siècle de Théophile Gautier dans lequel elle associe danse africaine et contemporaine.
Six danseurs sur scène. Tous noirs. Esclaves. Une femme, le dos courbé, fait le ménage. Les maitres débarquent. Couple élégant. Elle, talons hauts et maquillage. Contraste saisissant avec les robes simples et les pieds nus des autres femmes. Lui, en tunique bleu soyeux. Sous le charme de Giselle, il va se glisser parmi les paysans pour la séduire. Malgré les mises en garde de son soupirant, la jolie jeune fille au crâne rasé tombe dans ses bras. Quand elle découvre la supercherie, elle n’a plus qu’un objectif : se venger. En faisant appel à une Sangoma, une guérisseuse traditionnelle qui vit dans les campagnes d’Afrique du Sud.
Tambours qui répondent aux violons. Cris des danseurs pour donner le rythme. Interpellations et invectives en anglais. Dada Masilo casse les codes avec une Giselle féministe. Seins nus, elle fait face aux deux hommes qui se battent pour elle. Puis les réduit au silence. Pas de happy end.
Danse rythmée, battle, solo ou chorégraphie en groupe. Aucun temps mort. Et plusieurs temps forts, comme cette confrontation entre Giselle et son prétendant. Suivi d’un solo rageur de l’homme éconduit.
Pas d’artifices dans ce spectacle qui a remporté de nombreux prix. De la danse pure. Une performance pleine d’énergie saluée par de longs applaudissements. Dada Masilo et ses danseurs tout sourire. Retour très réussi à Lyon.

«Giselle» de Dada Masilo à la Maison de la Danse du 3 au 7 octobre. Durée : 1h10 avec entracte.