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Plateforme pour la culture / Lyon-région

L’ancien publicitaire a conquis l’Espace Gerson avec son humour noir très corrosif. Un artiste prometteur.

David Azencot sans tabou à Gerson

«Je hais les brocantes, je déteste la nostalgie». 
Entrée en matière surprenante. Assis de profil sur une chaise en velours rouge, habillé tout en noir, jean slim, barbe et cheveux en pétards, David Azencot raconte son enfance. Un petit gros, myope et asthmatique, «une maladie nulle. Tu t’étouffes mais tu n’en meurs pas. Pas aussi classe que la mucoviscidose». 
Rapidement, l’humoriste monte en puissance en évoquant l’actualité : Volkswagen qui teste ses moteurs sur des singes, la polémique H&M où un enfant noir porte un tee-shirt «le singe le plus cool de la planète», le blackface d’Antoine Griezmann, le mouvement balance ton porc… «Les mecs blancs je vous préviens, ça ne va pas être notre siècle !» 
Durant une heure, tout y passe : le GHB «meilleure solution contre les traumatismes sexuels», les terroristes à qui «on vend des avions de chasse mais qui nous attaquent à coups de marteaux», Desigal «des fringues dessinées par des aveugles pour des daltoniens», les flexitariens «des feignasses bourgeoises avec des principes à géométrie variable»… Mais aussi la pédophilie : «Un truc à attraper la varicelle». Les migrants : «C'est comme les enfants, ça me touche, mais je n'ai pas envie d'en avoir chez moi». Pour l’humoriste, pas de tabou. D’ailleurs il s’interroge : «A force de prendre des précautions pour ne pas blesser les gens, est-ce que dans 30 ans on pourra encore jouer à Qui est-ce ?» Puis il conclut : «La société actuelle c’est comme une bouteille d’Orangina, il faut bien la secouer sinon le peuple il reste en bas». 
Après avoir travaillé dans la publicité, David Azencot s’est recyclé avec talent. Humour noir qui rappelle celui de Gaspard Proust. Cynique et sans filtre. Un artiste qui devrait faire parler de lui. 

«Inflammable» de David Azencot à l’Espace Gerson. Durée : 1h.