0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

Le fameux quatuor a donné un concert gratuit ouvert aux familles. Emilie Tolot a embarqué la sienne. Elle raconte en donnant la parole à sa mère et ses deux filles.

Debussy en famille

Sous une pluie battante, lundi à la tombée de la nuit, au sommet de la Croix-Rousse, un bâtiment imposant de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, nouveau lieu de résidence du Quatuor Debussy pour un atelier-concert.
«Les enfants assis devant sur des tapis», aux pieds des musiciens. Le public, un sacré mélange de génération, prend place dans une salle lumineuse, devant un mur décoré par des collages en cartons très colorés. 
Un violoniste surgit devant son pupitre. L’air désolé mais enjoué. Et s’excuse du retard. Un prétexte pour nous offrir un très beau un solo de Bach. La salle est déjà sous le charme. Puis arrive le violoncelliste pour un duo, puis l’altiste. Nous faisons successivement connaissance avec chaque instrument du quatuor. Et enfin le premier violon arrive en gilet jaune ! «Un problème au rond point de l’hôpital !» La salle rigole. Ambiance bon enfant. Mais la virtuosité du quatuor va captiver petits et grands qui écoutent très attentivement. Fascinant aussi à regarder. Comme ce passage de Mozart où les doigts du premier violon virevolte avec une agilité saisissante.  
Entre les morceaux, des explications : «Le violoncelle est la base harmonique, plus proche de la voix humaine. L’alto est un instrument entre le violon aigu et la contrebasse grave…» Leur dégradé de chemises grises semble confirmer cette gamme acoustique. Gris clair pour les instruments aigus, gris moyen pour le médium et gris anthracite pour le plus grave. Un fait exprès ?
Les quatre musiciens vont jouer pendant une heure des musiques variées même si on reste dans un répertoire classique : Bach, Beethoven, «Carmen» de Bizet réécrit pour quatuor, Mozart et pour conclure, un prélude de Debussy retranscrit pour quatuor à cordes «La fille aux cheveux de lin».
Et grâce à un rappel chaleureux, le quatuor offre un extrait de leur prochain concert au Théâtre de la Croix Rousse : «Les sept dernières paroles du Christ en croix et requiem». Hayden et Mozart.
Les impressions de la petite troupe qui m’accompagnait :
Ma mère : «Ils ont joué remarquablement bien. Sans prise de tête. Ils se sont adaptés aux enfants, le début était amusant. Sympathique et accessible. D’autant qu’ils ont invité tout le monde à boire un verre pour échanger avec eux.»
Ma plus jeune fille, Elise, 8 ans : «Trop bien ! Les musiciens jouaient bien. Le début était très drôle. Et c’était amusant de les voir sauter avec leurs instruments en accompagnant la musique. J’ai remarqué qu’ils avaient tous les mêmes chaussures !»
Ma fille aînée, Marie, 12 ans : «Moi je ne connaissais pas toutes ces musiques mais j’ai bien aimé leur façon de jouer car ils étaient bien synchro ! Finalement je ne me suis pas ennuyée. Ils n’ont pas joué dans une salle de concert mais dans une salle d’expo. C’était plus lumineux. Et on était proche d’eux.»

Emilie Tolot, Eclaireur de la Culture
Illustration : sculpture d'Emilie Tolot (en cours)