0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

«Des formats insolites»

Tribune. Trois jours festifs avec des spectacles de cirque, danse, musique… C’est ce que propose l’équipe de La Mouche avec son Festival du Parc de Beauregard. Mathilde Favier, la directrice, présente sa programmation.

«Ce festival a une histoire particulière. Depuis 15 ans, l’idée est de mettre en valeur le parc de Saint Genis Laval. Un endroit magnifique qui date de la Renaissance, avec les vestiges d’un château qui appartenait à la famille Gadagne et qui a accueilli des personnalités comme Catherine de Médicis. Il y a aussi des arbres majestueux, une orangerie, des bassins… 

Quand la mairie a décidé de lancer un festival, la programmation était orientée musique baroque. Puis elle s’est ouverte à d’autres disciplines : théâtre, cirque, danse… A mon arrivée il y a trois ans ans, j’ai voulu poursuivre cette ouverture. En proposant des formats insolites. Avec plusieurs artistes de cirque, dont la plupart crées des spectacles spécialement pour l’occasion. Comme pour la nocturne du Parc. Un rendez-vous qu’on a imaginé avec Les Utopistes. Il s’agit d’un parcours de 2h où le public se balade au fil des performances artistiques. Cette année, ils pourront découvrir «La marche», où Mathurin Bolze évolue dans une immense roue et «Instante» de Juan Ignacio Tula qui fait du hula hoop avec sa roue cyr (photo). Il y aura aussi les Percussions Claviers de Lyon qui vont notamment interpréter «Les collines d’Anacapri» de Debussy.

On mise beaucoup sur le côté participatif avec une enquête théâtrale proposée par la compagnie Oùesk. Mais également Olivier Grossetête, spécialisé dans les constructions géantes en carton. Il organise des ateliers avec les habitants de Saint Genis, une semaine avant sa performance. Puis tout le monde est mobilisé pour monter une tour de 25 mètres de haut, plus de 1 500 cartons. Et la détruire le lendemain… On a aussi un bal chorégraphié organisé par la compagnie Propos de Denis Plassard. Objectif : apprendre au public cinq danses collectives. Il y a également des siestes musicales, des jeux de construction en bois, une exposition sonore et interactive, une batucada, des lectures de contes…

Tout au long du week-end, on propose des spectacles variés. Comme «Compost» de la Keep Company, un main à main proposé par deux jeunes artistes issus de l’Académie Fratellini. Ou «Evohé», des fildeféristes de la troupe Les Colporteurs. J’aime cette idée de mettre en face-à-face des artistes émergents et confirmés. 

Pour rendre ce week-end encore plus festif, on installe des transats, des food trucks, des coins pique-nique… On est à mi-chemin entre un festival d’arts de la rue et une grande fête familiale. 

On fonctionne en biennale. Avec une grande forme les années impaires et un rendez-vous clin d’oeil les années paires. Le pari c’est d’aménager le parc en trois jours. Il y a aussi beaucoup d’imprévus, notamment météo. D’autant plus qu’on ne peut pas se replier ailleurs…

On veut vraiment que ce festival soit accessible. D’ailleurs, tout est gratuit, hormis la nocturne grâce au mécénat qu’on a fortement développé. On a un budget de 150 000 euros, dont 50% apportés par des entreprises privées comme Auchan, Cardinal, Serpollet, Enedis, Sybord… 

En 2017, on a accueilli près de 5 000 personnes en trois jours. Beaucoup d’habitants de Saint Genis et de la Métropole. Mais aussi pas mal de professionnels qui sont curieux de découvrir comment certaines compagnies s’adaptent en extérieur»

Festival du Parc de Beauregard, du 24 au 26 mai à Saint Denis Laval