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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Dujardingue chez les Daimgues !

La critique se déchire sur le dernier film de Quentin Dupieux. Un regard innocent, celui de Léon Sainto, plus jeune «Eclaireur de la Culture» de mytoc.fr.

«Franchement j’y connais rien en cinéma. Moi je suis plutôt vidéo sur mon portable, YouTube, voire quelques séries sur Netflix  Mais je suis allé voir ce film, traîné par mon père. A 14 ans, on résiste mais bon, on est philosophe !

Alors je vous raconte, tout simplement. Les premières minutes, au moins. C’est un type qui débarque dans un patelin paumé, en montagne avec sa vieille Audi. Il vient de se faire plaquer par sa femme, ça arrive parait-il. Et s’installe dans un hôtel minable, comme lui. Jean Dujardin, je connais vaguement. The Artist.

Il vient de se payer un blouson en Daim. Une fortune.

Le premier dialogue est pas mal.

De tête, voilà ce que ça donne :

«Voilà la bête» lui dit le vendeur.

«Putain !»  lui répond Jean qui s’appelle Georges dans le film

«100% Daim» continue l’autre

«Putain » répète Georges

«Avec les franges… »

Et ça continue : «Il est unique »

Unique c’est sûr, dans le genre ringard, c’est le sommet. Même mon père, il aurait honte de porter un truc pareil. Mais Georges se pavane dans sa chambre d’hôtel. En plus, il lui parle à son blouson !

Là je me dis, je me casse. Un samedi soir, j’ai mieux à faire que me taper un film pareil. J’essaye de m’éclipser. Regard de mon père. J’allume mon portable pour jouer à Call Of Duty. Nouveau regard. Alors je me dis : 1h17, je vais tenir.

Le truc qui me fait alors marrer : Georges quand il acheté son blouson, il a eu droit à un cadeau. Un petit caméscope. Et il se filme. Des images à la con de son blouson, de lui, de la montagne…. Puis tout à coup, un soir dans un bar, il se prend pour un cinéaste pour faire le malin avec deux filles. Et il va devenir cinéaste. En inventant une histoire assez dingue pour me plaire : faire disparaitre tous les autres blousons du village. Normal le sien est unique au monde !

Le cinéma rend fou, on le sait. A condition de l’être déjà.

Et voilà, j’en ai déjà trop dit, pour mon grand-père qui pense encore que l’important dans un film c’est l’histoire et surtout la fin.

La scène qui peut devenir culte : des jeunes comme moi que le cinéaste déjanté coince dans la rue en leur demandant de répéter : «Je promets de ne plus jamais porter de blouson de tout ma vie». Et il leur pique leurs blousons. Trop drôle. Quand un crétin proteste, il leur réplique : «T’as juré, t’es baisé, j’ai des images».

Ce que j’en pense ? Super ! Parce que j’aurai pu le tourner. Sans avoir besoin de réunir des millions. Quoi que Mister Dujardin et Miss Haenel, ça ne doit pas être à l’oeil. Mais bon.

Avant de me lancer dans cette aventure, j’ai Googeliser Dupieux, le cinéaste, le vrai. Un type qui fait de la musique électro. Pas ouf, je préfère le rap. Mais lui c’est un ouf d’après ce qu’on raconte chez les sérieux.

Dujardingue chez les daimgue ! C’est mon titre, j’espère que mytoc ne vas pas me censurer.

Un bon moment. Rien que la tête du daim, avec ses cornes et son air surpris, qui surgit tous les quarts d’heure, ça me parle !  Mais ce que je me suis dit en sortant du cinéma, Pathé Bellecour, salle vide, c’est que j’aurai pu le regarder sur mon portable !»



Léon Sainto



«Le Daim» de Quentin Dupieux avec Jean Dujardin et Adèle Haenel. durée : 1h17