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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Edwy président !

Une jeune journaliste, réactionnaire certifiée, a assisté à la projection en avant-première du film sur Mediapart au Comoedia. Son compte-rendu non censuré !

«Un film qui montre la rédaction sans moustache.»
Soirée Mediapart au Comoedia, lundi. C’est Edwy Plenel qui parle. Tout en noir comme d’habitude et moustachu bien sûr, il présente un documentaire à la gloire de sa plateforme web qui terrorise tout ce qui en France a du pouvoir. Politique, notamment.
D’ailleurs, la réalisatrice ne s’en cache pas. Elle avoue qu’elle a travaillé «avec tendresse et empathie» en soulignant qu’elle a été «une lectrice depuis la première heure» de ce Mediapart qui est «son journal».
Résultat à la hauteur. 100 minutes pour célébrer Edwy Plenel et sa vaillante équipe de reporters sans peur et sans reproche. Pendant un an, elle a vécu en direct la dernière élection présidentielle, intégrée à cette équipe de «vrais journalistes». De l’affaire Fillon à la dislocation du PS jusqu’à la victoire de Marcon.
«Embedded journalism» disent les Américains de ces reporters de guerre en uniforme, «embarqués» par l’armée pour couvrir un conflit. Ils sont en première ligne mais ils doivent jouer le jeu, sans mettre le pied en touche.
Bref, rien à voir avec un travail d’investigation, musclé et sans état d’âme, pour faire jaillir «la vérité». Style Mediapart !
Et au fond ça en devient presque drôle, cette auto-célébration. Quand, par exemple, une voix off murmure sur des images d’une rédaction en train de vérifier ses infos : «Un collectif hétérogène qui assume ses différences, ses doutes, ses disputes même parfois parce qu’il est fondé sur une véritable amitié politique».
Ou encore ce «nous ne sommes ni révolutionnaires, ni subversifs» proclamé par le bras de droit de Plenel avant de définir ce qui est subversif : «Ne pas poser les bonnes questions». Ce qui n’empêche pas le même d’afficher quelques minutes plus tard : «Notre objectif c’est de faire infuser nos idées dans l’univers politique». Ou encore de lâcher maladroitement : «Toute enquête est politique».
On a droit aussi à des réunions. Ça fume, ça picole… Et ça rigole. Quelques discussions pour la forme mais tout le monde est toujours d’accord.
On a même droit à un live vidéo de Macron. Exclusivité en pleine présidentielle, impossible évidemment de refuser. «Un mec interessant», décrète le chef
En revanche, surprise, Monsieur Edwy n’est pas trop envahissant. Discret même. Et c’est assez conforme au personnage, toujours habile. Mais présence réelle. C’est lui le chef, on le sent bien. Incontesté. Avec en prime, une petite larme face caméra quand la télé proclame que Macron est élu. Un tsunami dans l’univers politique. De belles perspectives pour Mediapart.
Bref, pas la moindre regard critique. Notamment sur ces scoops parfois télécommandés, voire bidons. Sans parler des dérapages anti-sionistes…
Bien sûr, dans le public, tout le monde applaudi les héros. Et ils ont intérêt ! La salle a peut-être été truffée de commissaires politiques pour surveiller le troupeau bobo !
Suite avec un débat. Aussi long que le film. Mais du même calibre. Avec un concert de félicitations et de déclarations d’amour.
Au micro, Monsieur Edwy, souriant, cool et sympa. Il avouera même ses 6 000 euros net par mois. Mais pas le montant de ses notes de frais !
Alors on tente une question style Mediapart : En tabassant systématiquement les politiques, vous ne risquez pas de faire prospérer le fameux «tous pourris» ? Une machine a fabriquer des extrêmes tous unis contre les élites ?
Le moustachu a du métier. Il ne répond pas. Mais enfile un beau discours de dix minutes. D’abord pour discréditer la question qui révèle, bien sûr, un esprit «résigné». Ensuite pour vanter la méthode Mediapart : «Les faits, les faits…». Puis on a droit au petit refrain : «Ce n’est pas nous qui abimons la confiance dans la démocratie. On n’est pas des révolutionnaires. On est des auxiliaires de l’intérêt public. C’est nous qui faisons vivre la confiance dans la démocratie.» C’est nous qui, c’est nous qui… Bref, pas de démocratie sans Mediapart qui impose sa loi : transparence, transparence…
Alors on décidé de lui poser une question idiote à ce vieux trotskiste, pour rire : «Mais pourquoi Monsieur Edwy, vous l’apôtre de la transparence, vous teignez votre moustache et vos cheveux en noir corbeau ? Alors que vous avez près de 70 ans !».
Attention la réplique foudroyante. Bien sûr, on n’osera pas poser cette question sacrilège. Trop peur d’être jugé par un tribunal révolutionnaire et déporté sans préavis au goulag des réactionnaires et autres ennemis de la liberté.
Reste à réaliser une vraie enquête sur cette petite bande d’intouchables. On a déjà trouvé le titre : Edwy président !

D’après Mediapart de Naruna Kaplan de Macedo avec selon AlloCiné des «acteurs inconnus» ! Durée 1h40

Agatha d’Archambault