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Encore du suspens pour Lumière !

Un bon Festival Lumière en perspective avec des invités stars, notamment la dernière Palme d’Or, mais aussi des rétrospectives, des master class… Et un Prix très spectaculaire. De quoi fêter en beauté le dixième anniversaire.

«There is no winner, no looser… Except me !» 

Quelques mots devenus légendaires. Martin Scorsese lorsqu’il a reçu le Prix Lumière, il y a quatre ans, en vantant «le charme» de ce festival de cinéma. «Ni perdant, ni gagnant… Sauf moi !»

Ce matin, Thierry Frémaux a enfin annoncé, au terme d’un long suspens, que le prochain lauréat serait Francis Ford Coppola… Dans le grand amphi de l’Institut, tout le monde a immédiatement pensé, en applaudissant avec enthousiasme, que le vrai gagnant, cette fois, c’était le Prix Lumière ! 

«Une consécration !», ont murmuré plusieurs journalistes spécialisés. Consécration aussi pour Frémaux qui a su, une fois de plus, créer la surprise. «Ça faisait longtemps qu’on essayait de le convaincre», a-t-il précisé en soulignant que le réalisateur du «Parrain» et d’«Apocalypse Now» était le cinéaste le plus connu dans le monde. (lire le portrait en bas de l'article)

En préambule, on a eu droit à une présentation de ce Festival qui fêtera en octobre prochain son dixième anniversaire. Avec quelques moments forts.

D’abord la projection «en avant-première» de la copie restaurée d’un film oublié. Le dernier muet français tournée en 1929 à Jujurieux dans l’Ain par Charles Vanel, «Dans la nuit». Pas réservé aux ciné-maniaques. Et on a eu la preuve en quelques images sur grand écran, avec à droite le film original et à gauche la copie restaurée. Etonnant ! De quoi justifier l’engagement de l’Institut pour remettre en état ces films qui ont marqué l’histoire du cinéma. 353 au total depuis les années 80 !

Projection en avant-première, aussi, à l’Auditorium de «La roue» d’Abel Gance, copie restaurée là encore. 7 heures accompagnées par l’Orchestre National de Lyon. En deux parties, quand même ! Mais aussi une belle rétrospective «Forbiden Hollywood», qui mettront en lumière ces quelques années de liberté aux Etats-Unis au début des années 30, entre la naissance du cinéma parlant et l’entrée en vigueur du fameux code Hays qui va imposer les règles surréalistes aux réalisateurs. Jusqu’à la fin des années 60. Thierry Frémaux s’est régalé en recensant ces interdictions : ne pas présenter les criminels sous un jour sympathique, ne pas justifier l’adultère, ne pas déshabiller les acteurs et les actrices, prescrire les tatouages, les blasphèmes, les critiques contre les Etats-Unis… 

Mais le Festival Lumière ne s’intéressera pas seulement aux cinéastes disparus, a souligné son directeur. En précisant que cette mémoire donnait «une vue imprenable sur le cinéma» contemporain. 

Avec des invités stars : Daniel Auteuil en avant-première pour «Belle époque» de Nicolas Bedos, le réalisateur Ken Loach qui tiendra une master class «forcément très politique», ou André Cayatte, avocat et romancier devenu metteur en scène avec des films très engagés comme «Mourir d’aimer» avec Annie Girardot ou «Les risques du métier» avec Jacques Brel qui ont réuni des millions de spectateurs… Et Clémentine Autain, une des figures de la France Insoumise, qui viendra parler de son «Dis lui que je l’aime», le livre qu’elle a écrit sur sa mère, la comédienne Dominique Laffin disparue à 33 ans après avoir tourné des films marquants comme «La femme qui pleure» de Jacques Doillon. 

Mais surtout un invité d’honneur, cette année : Bong Joon-Ho (photo), Palme d’or 2019 pour «Parasite» qui a déjà fait 5 millions d’entrées en Corée en une semaine, il frôle les 350 000 en France. «Un triomphe» qui fera date dans l’histoire de Cannes, a précisé son délégué général avant de lancer un montage titré : «Pas simplement une arnaque, plus que ça !».

Comme chaque année, on aura droit à des séquences pour enfants avec notamment la projection d’un Charlot, et une «démarche sociétale» en direction des détenus, des réfugiés, des enfants malades… Mais innovation cette année, un jury récompensera les meilleurs documentaires sur le cinéma. 

Reste encore un peu de suspens que saura entretenir Thierry Frémaux. Le film d’ouverture notamment. Quelques autres invités prestigieux. 

Lire aussi : Lumière sur le Parrain du cinéma