0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

«Fière qu’on me regarde»

Tribune. Passionnée de danse Venera Battiato raconte son parcours sur la scène du Rikiki. En dansant évidemment.

«Depuis toujours, j’ai ce désir fou de danser. Enfant, je me suis identifiée à une danseuse étoile de l’Opéra de Paris que j’avais vu à la télévision. C’était une évidence : je serais danseuse moi aussi. Pourtant, j’ai grandi dans un milieu familial très éloigné de la culture. Née en Sicile, au pied de l’Etna, je suis arrivée en France à l’âge de 3 ans. Nous étions des immigrés en Lorraine et ça a été compliqué pour nous. Mon père, qui était viticulteur en Italie, s’est retrouvé ouvrier. On vivait dans un village paumé, on n’avait jamais vu de neige… Evidemment, il n’y avait pas d’école de danse. Du coup, j’allais à la gym car j’avais un besoin vital de bouger. Et chaque fois qu’on défilait dans les rues avec la fanfare, habillée tout en blanc, j’étais fière qu’on me regarde.
Mais pour mes parents, danseuse ce n’était pas un métier. Ils m’ont donc envoyé en fac de lettres à Nancy. Ce qui m’a permis d’avoir enfin accès à la culture. J’ai pris des cours puis j’ai intégré une école de danse à Paris. Depuis, j’ai ouvert un centre en Lorraine, puis un studio à Lyon. Avant de me lancer dans la création de mes propres spectacles.
C’est ce parcours que j’ai eu envie de raconter sur scène. Le combat d’une enfant pour vivre sa passion et qui doit se débrouiller seule pour y arriver. Avec le recul, je me dis que tout ça était fou. Ça a été difficile mais je n’ai jamais rien lâché car j’avais une envie plus forte que tout.
J’ai voulu faire un spectacle intime mais universel à la fois. Pour dire aux gens : allez vous aussi au bout de vos rêves. J’évoque beaucoup mon enfance. Une période très importante qui détermine ce qu’on devient une fois adulte. J’égraine mes souvenirs. Je démarre par une fête foraine. J’adorais ça ! D’autant plus qu’il y avait une jeune fille qui tenait un stand de loterie et qui dansait dans une jupe à paillettes. Je l’observais pendant des heures en rêvant d’être à sa place ! Mes parents m’avaient donné un peu d’argent pour faire du manège et je n’arrêtais pas car chaque fois j’attrapais le pompon. Déjà mon obsession de réussir.
Cette passion pour la danse ne m’a jamais quittée. Et j’ai transmis mon goût pour la culture à mon fils qui est devenu scénographe après avoir fait Art Déco.
J’ai joué plus de 150 fois mon premier spectacle, qui traitait déjà de ce thème. J’espère que le second rencontrera le même succès car j’ai beaucoup investi de moi-même»

«Ballerina» au Rikiki les 9 et 10 mars.