0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

Patrice Thibaud, l’ex-Deschiens, réussit un mélange des genres parfait, entre humour burlesque et flamenco. Un spectacle très drôle à voir absolument.

Franito, Un amour maternel et fusionnel

C’était un des moments très attendus de l’édition 2018 de la Biennale de la Danse. Après avoir séduit le public avec «Cocorico» en 2012, Patrice Thibaud revient à Lyon avec son quatrième spectacle, «Franito». Pour l’occasion, il s’est immergé dans l’univers très codifié du flamenco en s’associant au danseur Fran Espinosa. 
Dès les premières secondes, on plonge en Andalousie. Dans une petite cuisine modeste, un homme au look improbable : chemise jaune, veston marron, pantalon rouge trop court et chaussettes turquoises remontées jusqu’aux genoux. Rondouillard et pas très grand. Loin de l’image traditionnelle des danseurs de flamenco, élancés et élégants. Pourtant, quand il se met à esquisser quelques pas de danse, juste accompagné d’un air de guitare, tout le monde est scotché. Fran Espinosa est un véritable virtuose du flamenco. Léger et délicat. Et pour lui, la moindre occasion est prétexte à chanter et danser.
Face à lui, Patrice Thibaud. L’ex-Deschiens grimé en mama espagnole. Longue jupe grise, haut rouge à dentelle, charentaises et chignon négligé. Une mère un peu lourde, voire même carrément étouffante avec son fils. Elle le lave, lui attache sa serviette autour du cou avant de passer à table, l’embrasse sans cesse sur le front… Et l’appelle en permanence, hurlant son prénom d’une voix aiguë et perchée. 
Durant une heure, on passe de moments très drôles, comme lorsque Patrice Thibaud se lance dans un solo musical avec son balai. A des instants émouvants, quand le fils invite sa mère à esquisser quelques pas de danse avec lui. Parfois, on est même complètement dans l’absurde, avec cette scène improbable du film Titanic. On a également droit à quelques références latines : Picasso, Botero, Don Quichotte sur son cheval…
Le pari est parfaitement réussi pour Patrice Thibaud qui réussit à embarquer le public dans son univers loufoque. Ses mimiques et grimaces fonctionnent à merveille. Sans pour autant négliger la danse, mise à l’honneur tout au long de ce spectacle. Un show qui offre aussi un regard touchant sur la relation fusionnelle entre une mère qui refuse de voir son enfant s’éloigner d’elle et un fils tiraillé entre cet amour maternel et son envie de devenir un homme. 

«Franito» à Pôle en Scènes le 8 février