0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

Guitry à La Gourgui

Tribune. Bernard Prosperi met en scène sept pièces courtes de Sacha Guitry. A découvrir à La Gourguillonnaise du 16 au 28 mai.

«Je dirige la compagnie de théâtre de La Gourguillonnaise, une association créée il y a 45 ans par des agents du Grand Lyon et de la Ville. Une troupe composée d’une dizaine de comédiens amateurs mais d’un très bon niveau. A sa création, elle était dirigée par Martine Peralis, metteur en scène professionnelle. Chaque année, nous reprenions une pièce du répertoire, français ou étranger. Après sa disparition il y a quelques années, j’ai pris le relais. Un challenge pour moi ! Mais avec une bonne lecture du texte et une bonne connaissance des acteurs, on s’en sort. D’ailleurs, Martine répétait toujours : «Pour qu’une mise en scène soit efficace, elle ne doit pas se voir». Pas besoin de faire des effets juste pour le plaisir. On doit être au service de l’auteur et des comédiens. 

En 2017, nous avons présenté «La folle de Chaillot» avec 18 artistes, des musiciens… Puis l’année dernière, j’ai choisi «Veillée funèbre» de Guy Foissy qui reprend mille propos que l’auteur entend sur son lit de mort. Des répliques qui ne sont pas attribuées. Libre donc au metteur en scène de les répartir comme il le souhaite. 

Cette année, on a décidé de travailler sur Sacha Guitry. J’en avais envie depuis longtemps. Même si certains pensent que c’est démodé, je trouve, au contraire, que c’est fin, léger, spirituel et plein d’esprit. 

Je me suis intéressé à une série de comédies courtes qu’il a écrit entre 1930 et 1945, où les femmes ont une place très importante. J’en ai sélectionné sept dont «Une paire de gifles». Un jeune homme qui fait la cour à une femme plus âgée que lui. Alors que le mari, bourgeois, observe tout ça de près. Mais aussi «L’école du mensonge». Un metteur en scène qui reçoit des appels de jeunes filles qui veulent passer une audition pour jouer dans un de ses spectacles. Il n’aime pas les castings mais décide quand même de les rencontrer. Une critique drôle et acerbe du monde du théâtre. Ou encore «Cigales et fourmis». L’histoire d’un mécène qui en a marre que les artistes viennent lui réclamer de l’argent. Mais qui va encore se laisser convaincre…

Nous sommes treize comédiens, de 40 à 70 ans. Je me suis donné un petit rôle dans une scène que j’interprète d’ailleurs avec ma femme ! Mais c’est compliqué de jouer et de diriger car je fais très attention à ce que chacun trouve sa place. C’est un vrai travail de compagnie, sans vedette. 

Ce qui est important dans ce spectacle, ce sont les attitudes. Dans les années 30, par exemple, les femmes ne posaient pas leur sac à main par terre. Il faut également savoir porter une robe longue, s’assoir avec prestance… 

Je réalise aussi les costumes et les décors avec une amie. Dans un camaïeu de beige, taupe et orange. Pour ce spectacle, le TNP nous a également prêté quelques costumes.  

On va présenter cette pièce dans nos locaux avant de la proposer à différents festivals. Mais c’est compliqué car on a une scène sur deux niveaux. Ce qui nécessite donc d’adapter la mise en scène à d’autres espaces.»  

«7 comédies en 1 acte» de Sacha Guitry, mis en scène par Bernard Prosperi. Du 16 au 28 mai à La Gourguillonnaise, 4 rue du commandant Ayasse, Lyon 7e