0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

Interdit aux moins de 50 ans !

«Yesterday» est sorti hier en salles. Un film touchant sur les Beatles sans les Beatles mais avec l’essentiel, leurs tubes planétaires. Et leur légende.

«Summer Song», dans un bar glauque. Personne n’écoute ce petit guitariste barbu et basané, à part deux ou trois copains qui l’encouragent. Et son amoureuse, Ellie. Lui c’est Jack. Un raté qui désespère. Elle le raccompagne jusqu’à son vélo. Et tout à coup, il lui annonce : «Une histoire minable qui s’arrête là». Avant de planter celle qui joue le rôle de son manager. 

Quelques minutes plus tard, alors qu’il pédale pour rentrer chez lui, panne d’électricité générale. Un carrefour, il est percuté par un bus avant de se réveiller à l’hôpital, quelques dents cassées. 

Mais révolution, tout le monde a oublié les Beatles. Sauf lui ! Ce qu’il constate sur la terrasse d’un resto où les filles ont les larmes aux yeux quand il gratouille les premières notes de «Let it be».

 «Je le fais ? Je peux le faire ?», murmure alors le cycliste cabossé. Ainsi soit-il !

Jack décide alors de voler le répertoire des quatre garnements de Liverpool. Début d’une aventure qui va enflammer la planète. 

Là, on se dit, va falloir tenir 2h, avec cette blague low cost. Mais c’est trop tard. Musique ! 

Et on plonge dans le panthéon des années 60 : Sergent Pepper, Yellow Submarine, Hey Jude, Eleanor Rigby, Back to USSR…

Ed surgit. Une figure de la pop : «Tu es Mozart et je suis ton Salieri». Le petit Jack est propulsé à Los Angeles où une productrice diabolique lui promet «gloire et fortune». Concerts géants, shows télé, fans en délire… Une irrésistible ascension, peuplée de cauchemars où la nouvelle star se sent démasquer.

Mais il va rencontrer un drôle de gars, regard paisible derrière ses petites lunettes rondes. John, une vie d’artiste consacrée à la peinture. Cloitré dans une petite baraque en bord de mer. 78 ans, Inconnu, pauvre, «heureux». Lennon évidemment. Tête-à-tête surréaliste au cours duquel il lui donne la clef. Et tout va basculer. Ellie bien sûr, qu’il a abandonné dans son irrésistible ascension. «All you need is love» !

Un film aux allures bricolées. Images style vidéos, maladroites, cadrées à l’arrache… Travaillées donc ! Quinze tubes, quand même, pour illustrer cette fiction. Mais surtout une inspiration sacrilège : la magie Beatles, deux millards de disques vendus, aurait pu se passer du quatuor de Liverpool ! 

On a beau être Stones, impossible de ne pas vibrer sur ce «Yesterday» surgit de nul part en plein été. Les nostalgiques vont adorer, notamment les nombreux clins d’oeil à la légende. Même si le final est un peu niais, à l’américaine. Un film touchant. A condition d’être adulte. 50 balais minimum. Excuses pour les autres, à moins d’être curieux ! 

«Yesterday» de Danny Boyle avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran… Durée : 1h57