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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Lancement mercredi soir au Palais de la Bourse du festival hip-hop de Mourad Merzouki. Chaude ambiance. Avec en perspective un mois de spectacles.

Karavel s’envole à la Bourse

«Et on fait du bruit pour…»
Johnson au micro. Baskets blanches, chemise et pantalon noirs, un catogan au sommet du crâne, le speaker va chauffer la salle toute la soirée. «C’est tout ?» Et il va même arriver à faire danser le public. Y compris les personnalités en costard sombre. Avec un solo très remarqué de l’adjoint lyonnais à la Culture, Loïc Graber.
Une scène tout en longueur, des projecteurs et des affiches géantes. Acoustique médiocre mais belle ambiance.
C’est là, dans cette prestigieuse «corbeille» où des générations de boursicoteurs lyonnais ont déambulé, que Mourad a choisi pour la deuxième année consécutive de lancer son Karavel. Tout un symbole pour celui qui a fait sortir le hip-hop de son ghetto.
Et ça démarre fort. Avec une vingtaine de danseurs colorés qui vont rappeler en quelques minutes que le hip-hop a gardé toute son énergie et sa spontanéité. Même s’il a réussi à se métisser avec d’autres genres et d’autres disciplines, sous l’impulsion du dieu Mourad ovationné par les jeunes brakeurs, lockeurs et poppeurs.
Puis on a droit au défilé chorégraphique, presque une tradition. Quatorze concurrents avec trois lauréats à couronner. Sadek, Sofia, Funky… Ils vont tous se donner à fond. Tous les styles s’enchainent. Du street pur et dur aux séquences plus conceptuelles. On frôle parfois la danse du ventre puis tout à coup surgissent les pointes de «Folia», suspension, mime et gospel. On a même droit à un absent qui impose sa vidéo dans le métro.
Drôle ou bavard, vif ou ralenti, son toujours musclé, des costumes, des masques, ombres et lumières. Un vrai festival ! Et de temps en temps, une interpellation, «La danse peut-elle sauver le monde ?».
Avec son survêtement et sa capuche noir, ses longs cheveux, c’est Link qui va décrocher la timbale. Avec ses mots et ses acrobaties. Un style. Ovationné, comme les deux filles, Sarah en combinaison blanche avec un hip-hop tout en ondulation et Théodora tout en convulsions rythmées par une batterie très soutenue. Avec un coup de coeur pour Medhi et ses jeux de mains.
Pour saluer ces danseurs, battle d’applaudissements improvisée par Johnson en grande forme. Avant de faire monter sur scène une petite bande d’excellents mauvais garçons. Superbe.

Karavel. 37 compagnies, 19 lieux, 52 représentations. Jusqu’au 4 novembre