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Tribune. Mercredi 12 décembre, grand concert à la Bourse du Travail où Bernard Bruel chantera Jacques Brel accompagné par l’Orchestre Symphonique Confluences. Son chef présente cet événement.

«L’impression que Brel est là, devant nous»

«J’ai rencontré Bernard Bruel au début des années 90. Il était alors vendeur dans un magasin de musique où j’allais de temps en temps. Comme il savait que j’étais chef d’orchestre, un jour il m’a donné une cassette en me disant «Je chante Brel». J’ai pris la cassette, un peu sceptique, et je l’ai oublié parmi d’autres enregistrements. Puis un jour, je suis tombé dessus en me demandant ce qu’il y avait dedans. Je l’ai écoutée dans ma voiture. Je me suis alors arrêté au bord de la route en me disant : c’est pas vrai ! Car j’ai découvert un vrai talent. Une voix magnifique d’abord, puissante. Et quand je l’ai rencontré, j’ai aussi découvert un personnage assez charismatique mais très humain et d’une grande humilité.
J’ai alors décidé de faire un concert avec lui, Salle Rameau d’abord, puis à l’Auditorium en 1993. Il a enchaîné avec une tournée au Canada et dans le monde entier où il a remporté un grand succès.
En France, on ne se précipite pas sur les concerts de chanteurs qui reprennent les chansons d’un autre. Je ne sais pas pourquoi mais c’est un peu étrange. On n’écoute pourtant pas du Mozart en exigeant que ce soit Mozart qui soit au piano !
Cette fois, on a décidé d’organiser ce concert pour rendre hommage à Jacques Brel, 40 ans après sa disparition. On a travaillé sur les arrangements originaux de son fidèle François Rauber qui a travaillé avec lui pendant plus de 30 ans. Des arrangement ciselés !
Deux musiciens seront aux cotés de Bernard Bruel, Sébastien Jaudon à l’accordéon et Jean-François Baez au piano. Ils seront accompagnés par l’Orchestre Symphonique Confluence que je dirige, soit une trentaine de musiciens, cordes, cuivres… Et chant bien sûr.
Bernard a sélectionné environ 25 chansons qu’il avait envie de chanter. Mais cela n’aura rien à voir avec une quelconque imitation. Au contraire. Mais il a une telle présence qu’on a l’impression que Jacques Brel est là, devant nous.
C’est un vrai défi car ce monsieur est tout de même un monument. Capable en quelques minutes de créer un univers, poétique d’abord, tout en abordant des sujets d’actualité. Et tout cela n’a pas vieilli. «Les amants», «Les bourgeois», «Amsterdam», «Les vieux»… C’est intemporel. Je crois que ça tient aussi au personnage, un coté victime mais aussi une noblesse. Un coté sombre mais aussi quelqu’un de très réaliste.
Et puis Brel avait une façon de travailler assez particulière. Il écrivait, puis il s’asseyait à coté de son pianiste en lui disant : voilà mon texte, joue ! A sa manière il façonnait sa musique qui s’emparait des mots. La musique n’était alors pas un simple accompagnement mais elle avait une vraie signification. Et puis, dans toutes ses chansons, il y avait toujours un formidable crescendo. Cela démarre sur presque rien, avant de monter en force, de s’emballer et d’exploser. Comme dans un film ou dans un opéra, on est emporté. Pas facile de trouver de tels artistes dans la variété actuelle ! Avec des textes aussi forts, si étroitement associés à leur musique».

«Brel, 40 ans déjà» avec Bernard Bruel, Sébastien Jaudon au piano et Jean-François Baez à l’accordéon avec l’Orchestre symphonique Confluences dirigé par Philippe Fournier. Mercredi 12 décembre 20h à la Bourse du Travail, 205 place Guichard Lyon 3e.