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La biennale voit plus grand

Pour sa 15e édition, la Biennale d’Art Contemporain de Lyon a choisi une immense friche industrielle à Gerland. De quoi donner un second souffle à cette manifestation.

29 000 m2 ! Rien à voir avec la Sucrière et ses 5 000 m2 sur trois niveaux où s’est déroulée la dernière biennale. L’usine Fagor-Brandt de Gerland, qui va accueillir la prochaine Biennale d’Art Contemporain en septembre, a été construite après guerre pour produire des appareils électroménager, machines à laver notamment. Avant de fermer ses portes en 2015. Cette friche, en cours de réhabilitation, attire aujourd’hui la culture qui adore ces espaces industriels pour organiser des événements éphémères, concerts ou expositions. D’ailleurs, les Nuits Sonores ont déjà élu domicile ici depuis deux ans. Séduits par ce décor et cette capacité d’accueil de 140 000 personnes.  

Un lieu spectaculaire donc, une autre dimension même, pour cette 15e édition de la BAC qui a attiré 248 000 visiteurs en 2017. Un virage important pour cette manifestation parfois critiquée, malgré une fréquentation en hausse. Notamment par Télérama qui posait cette question au terme de la biennale 2017 : «L’art contemporain a-t-il encore quelque chose à dire ?».

Le départ de Thierry Raspail et la nomination d’Isabelle Bertolotti ont, semble-t-il, ouvert de nouvelles perspectives. D’autant que son organisation a été confiée à une jeune équipe, celle du Palais de Tokyo, pour réaliser «un parcours physique, visuel ou encore spirituel auquel le visiteur est amené à prendre part». 

Une cinquantaine d’artistes de toutes nationalités participeront à cette manifestation dont 90% des oeuvres exposées seront réalisées sur le site. Autour d’une thématique : «Là où les eaux se mêlent». 

«En écho à la géographie même de Lyon», précise l’équipe de la biennale. 

Référence également à un poème de Raymond Carver. Un Américain auteur de nombreuses nouvelles, mort il y a une trentaine d’années, qui est réputé pour son style minimaliste, son art de l’ellipse, du silence et son profond pessimisme.  

Mais cet espace impressionnant ne signifie pas que la biennale a choisi l’enfermement. Au contraire. Plusieurs autres lieux relayeront cette manifestation, notamment plusieurs rues de la Presqu’île lyonnaise mais aussi des villes de la périphérie comme Givors, Meyzieu, Bron, Vaulx-en-Velin…

Parmi les artistes invités, Jean-Marie Appriou qui proposera trois gigantesques ronciers en aluminium et Gustav Metzger qui présentera un arc de cercle lumineux de 28 mètres de diamètre rappelant les vagues d’un tsunami. Alors que Jenny Feal, qui travaille à Lyon, exposera quant à elle une installation à base de matériaux naturels. Abraham Poincheval réalisera, lui, une performance sans aucun doute surprenante. Installation aussi du chinois Mengzhi Zheng, basé lui aussi à Lyon, qui joue sur l’occupation de l’espace et l’architecture. 

Le street art sera également présent dans cette édition. L’artiste new-yorkais Stephen Powers, qui a réalisé l’affiche de cette biennale, s’attaquera également aux façades de l’usine Fagor-Brandt, alors que l’Afro-Américaine Nina Chanel Abney s’est vu confier celles du Musée d’Art Contemporain. 

Beaucoup de monumental donc pour cette 15e Biennale qui, dans cette gigantesque friche, semble décidé à voir plus grand. 

Agathe Archambault et Philippe Brunet-Lecomte

Photos, de haut en bas : L'ancienne usine Fagor-Brandt. Et le détail d’une fresque réalisée par Nina Chanel Abney qui, au cours de la biennale, recouvrira la façade du Musée d’Art Contemporain à Lyon

15e Biennale d’Art Contemporain de Lyon du 18 septembre au 5 janvier aux usines Fagor, 68 rue Challemel-Lacour Lyon 7e.