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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Beau théâtre de marionnettes à la Célestine. Venu de l’Est. Un moment loufoque et coloré qui met en scène de véritables oeuvres d’art.

«Le diamant du maréchal de Fantie» Un joli prétexte

Pas toujours facile de tenir le fil mais on plonge sans hésiter dans ce Caucase un peu déjanté. L’histoire de Vano, prince géorgien qui hérite d’un mystérieux diamant. 9 742 carats. Enorme, comme ce personnage qui domine la scène. Chamarré de rouges et de dorures, en bottes noires, une impressionnante moustache qui souligne ses immenses yeux bleus. Il va alors tenter d’éclaircir ce mystère en abandonnant Tbilissi pour rejoindre Paris. Escorté d’une petite cour, minuscules bestioles qui s’agitent autour de lui. Alors qu’il anéantit à coups de sabre ceux qui veulent mettre fin à son aventure. Et l’amour surgit au bout du chemin. Amour impossible résumé par cet échange entre le prince et sa jolie marquise tout en rousseur et froufrous : «Le sort a décidé qu’avant de vous rencontrer, j’épouse Monsieur Eiffel». L’homme de la tour. «Comment cela ? Vous n’êtes plus mon épouse ? Pas bien du tout…»
Tout est dit. Une belle séductrice qui invoque le hasard pour justifier son choix. Entre l’ingénieur inspiré et le fou des steppes.
Une texte fin et drôle qui jongle avec la dérision. Difficile à traduire car le géorgien est une langue complexe. Mais dans la salle, une petite escouade venue de l’Est ne tenait plus en place. Soulignant de ses rires certaines répliques.
Essentiel surtout, de superbes marionnettes pour mettre en lumière cette légende. Réalisées par Rezo Gbaridaze, metteur en scène de théâtre et de cinéma, écrivain mais aussi peintre et sculpteur. Véritables oeuvres d’art, si expressives, si présentes. Le talent du magicien de Ramona. On se demande même si ce «Diamant» n’est pas qu’un joli prétexte pour les animer et les faire vivre.

«Le diamant du maréchal de Fantie» texte et mise en scène de Rezo Gbaridaze au Théâtre des Célestins. Durée : 1h20.