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Plateforme pour la culture / Lyon-région

France 2 vient de re-rediffuser le célèbre film de Georges Lautner. Une occasion de découvrir derrière Lino Ventura, un autre grand artiste.

«Les tontons flingueurs» Ventura-Macron même combat !

Près de 5 millions de téléspectateurs devant leur télévision en ce lundi de janvier pour «Les tontons flingueurs». Un exploit, plus de 50 ans après la sortie en salle de ce film qui remporte alors un formidable succès malgré «La nouvelle vague» qui submerge le cinéma et malgré une critique quasi unanime pour flinguer ce «médiocre polar» !
Depuis, il a été vu et revu par des générations. Célébré, y compris par des mômes qui n’étaient pas nés à l’époque, comme Emmanuel Macron qui a du patienter 15 ans avant de découvrir le chef d’oeuvre dialogué par Georges Lautner.
«Je suis un inconditionnel», avoue aujourd’hui ce gamin devenu Président. Capable de réciter d’innombrables répliques. Sa préférée : «Mais dis donc on n’est quand même pas venu pour beurrer les sandwichs». Il l’a lui même tweeté en pleine campagne électorale pour annoncer que lui président, il ne se contenterait pas d’inaugurer les chrysanthèmes.
L’histoire ? Tout le monde la connait. Fernand débarque à Paris. Il vient de Montauban, donc de nul part. Lino Ventura bien sûr, inoubliable dans le rôle du voyou devenu un honorable industriel qui prospère à la tête d’une usine de tracteurs. Mais sur son lit de mort, Louis le Mexicain, un vieux complice, lui lance un ultime défi. En lui confiant ses affaires louches et sa nièce Patricia, un ange sans cervelle qu’il doit protéger. Remplacer Patricia par France…
Ce qui va le motiver : toutes les canailles du secteur veulent rafler le «grisby». Notamment la famille Volfoni et son chef Raoul, formidable Bernard Blier, bien décidé à éliminer le «gugusse de Montauban».
Aux cotés du nouveau «tonton» de Patricia, quelques gueules légendaires : Francis Blanche en notaire, Robert Dalban en majordome, Horst Frank en porte flingue, Claude Rich en jeune fiancé… Un conseil des ministres !
Tout le monde connait le final. Fernand sera à l’heure au mariage de Patricia avec ce garçon qui les lui «brise menu». Après avoir fait un grand nettoyage dans le milieu. Ce qui rappelle un certain 7 mai 2017.
Voilà pourquoi Emmanuel Macron adore le Ventura des Tontons flingueurs. Et au fond, il lui ressemble, malgré les apparences.
Yeux bleus, tout en finesse et fragilité, pas comme lui. Du charme comme lui. Mais personne ne croit en lui. «Écoute, on t'connaît pas, mais laisse nous t'dire que tu t'prépares des nuits blanches, des migraines, des nervousse breakdown…» Un «conseil» donné à Fernand comme à Emmanuel avant que l’un et l’autre plongent dans la bagarre. Une succession à coup de mitraille où ils vont s’imposer de façon magistrale, au grand étonnement des «experts».
Un silencieux Lino, comme le futur président. Un silencieux qui parle. Donc des mots qui cognent. Entouré, comme lui, de voyous, de crétins et de fidèles. Tous fascinés par lui mais lui, imperturbable. Une autorité.
Un dur ce Fernand comme cet Emmanuel, mais toujours très pragmatique. Le genre à penser : «La psychologie j’en connais qu’une, défourrailler le premier». Il terrasse ses ennemis à coup de «bourre pif». Mais toujours distancié : «Je dis pas que c’est pas injuste mais ça soulage». On imagine très bien le président lâcher ce genre d’aveu devant ses complices.
Il y a aussi cette formule très macronienne qui tombe à l’issue d’une fusillade musclée : «De nos jours, il y a de moins en moins de techniciens pour le combat à pied. L'esprit fantassin n'existe plus, c'est un tort». En marche !
Et politiquement, on est pas loin du modèle Mexicain célébré par Ventura : «J'dis pas que Louis était toujours très social, non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentations ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité».
Mais sous le blindage, des affectifs. Fernand, prêt à craquer au moindre sourire de sa nièce. A noter au passage que c’est la seule femme qui apparait dans ce film en dehors de quelques ombres. Un film de mecs comme l’épopée de Macron.
«Tiens, vous avez sorti le vitriol ?», lance le majordome en entrant dans la fameuse cuisine où sont rassemblés tous les renégats. Tous se forcent à avaler cette gnôle infâme en toussant. «Du brutal», avoue l’un d’entre eux, sous l’oeil amusé de Fernand : «Il faut quand même reconnaitre que c’est plutôt une boisson d’homme». On imagine la scène, un dimanche soir à l’Elysée !
Et puis il y a ce mémorable «Touche pas au grisby !», lancé à une jeune fille qui s’intéresse de trop près à une valise de billets. Du Macron imposant aux récalcitrants sa rigueur budgétaire.
La seule vraie différence entre les deux personnages : Ventura n’a jamais fait de théâtre avant de se lancer dans le cinéma. Pas le cas de Macron !
En revanche, ils sont en phase sur la nature humaine : «Les cons, ça osent tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît». Une pensée de Saint Thomas d’Aquin glissée dans ce «polar minable». Omnes stulti, omnia tentant. De quoi séduire l’énarque philosophe.
Encore un détail, le titre initial de ce film devait être «Le terminus des prétentieux». De quoi faire réfléchir ceux qui n’auraient jamais imaginés que ce jeune premier s’installe au sommet.

Photomontage : Une séquence inédite des «Tontons flingueurs». Lino Ventura et Emmanuel Macron préparant une séance de «bourre pif» pour neutraliser une bande de «caves» qui en veulent à leur «grisby». Ce genre de «fake new » sera bientôt lourdement condamnée en référé.