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Plateforme pour la culture / Lyon-région

L’adjoint à la Culture risque de faire les frais du retour de Gérard Collomb à la tête de la ville de Lyon. En perdant sa délégation.

Loïc Graber menacé

«Vous enregistrez ?»
Quand l’équipe de mytoc.fr a demandé ce matin à Loïc Graber s’il resterait en charge de la culture à la mairie de Lyon, il a esquissé un sourire. Tout à fait dans le style de cet élu discret et pacifique. Pas le genre à lâcher en off une petite phrase assassine. Ni à se lancer dans des déclarations provocantes.
D’ailleurs, il tenait une conférence de presse ce mercredi non pas pour évoquer son destin personnel. Mais celui du Musée d’Art Contemporain qu’il a décidé de fédérer au Musée des Beaux Arts, sous la direction de Sylvie Ramond.
Bien perçu dans l’univers culturel, depuis sa nomination au cours de l’été 2017, il a réussi à s’imposer par son écoute et son ouverture d’esprit. Mais aussi par sa bonne connaissance des dossiers et un vrai sens de l’innovation. «Tout sauf un politique», plaisante un élu lyonnais.
Ce quadra a d’ailleurs fait l’essentiel de sa carrière comme ingénieur dans un bureau étude spécialisé dans la défense et la valorisation du patrimoine. Tout en manifestant une vraie sensibilité culturelle, notamment pour le théâtre. Elu en 2014 dans le 7ème arrondissement de Lyon, il s’est retrouvé à la mairie centrale chargé de l’urbanisme et de la démocratie participative. Son cheval de bataille. Puis à la surprise générale, il a été désigné pour remplacer Georges Képénékian à la culture quand ce dernier a été nommé pour succéder à Gérard Collomb. Car «Képé» premier adjoint avait conservé cette délégation.
Une certitude aujourd’hui : en démissionnant de son ministère, Gérard Collomb a annoncé clairement son intention de redevenir rapidement maire de Lyon. D’ailleurs, Georges Képénékian qu’il avait mis en place, a immédiatement envoyé sa démission de sa fonction de maire au préfet. Bref, dans quelques jours, celui qui a quitté le gouvernement va retrouver son trône lyonnais. Au cours du prochain conseil municipal, l’intérimaire devrait donc retrouver son fauteuil de premier adjoint et sa délégation culture. Déclenchant ainsi un jeu de chaise musicale où il manquera une chaise.
«Graber est le plus jeune, le plus fragile, le moins politique…», souligne un proche de Collomb. En ajoutant : «Il risque de passer à la trappe».
On a donc insisté en expliquant à cet adjoint qu’il risquait, à moins d’une nouvelle surprise, de se faire éjecter de son poste mais Loïc Graber a, de nouveau esquissé, en rigolant : «Vous aimeriez que je reste ? Alors lancez une pétition !».
Pas sûr que ça suffise pour infléchir l’ancien ministre de l’Intérieur qui revient à Lyon pour «remettre de l’ordre» et «mobiliser ses troupes» afin de préparer une bataille qui risque d’être sanglante, la bataille des municipales où la culture ne sera sans doute pas à l’avant-garde.

Lire l'interview de Loïc Graber après sa nomination comme adjoint à la Culture