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Lumière couve son Nobel

Mardi 11 juin sera dévoilé le prochain lauréat du prix Lumière, qui sera décerné au cours du Festival en octobre prochain. Les cinq rumeurs qui courent.

Dix ils sont déjà dix à avoir reçu ce Prix Lumière. Et pas des obscurs du cinéma. Mais de vrais stars : Quentin Tarantino, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Ken Loach, Clint Eastwood, Milos Forman, Wong Kar-Wai. Des pointures mondiales. Mais aussi trois grandes figures : Jane Fonda, l’année dernière, Gérard Depardieu et Catherine Deneuve. 

«Un prix Nobel de cinéma», rappelle chaque année Thierry Frémaux en précisant que ce prix «rend hommage à une personnalité du cinéma pour l’ensemble de son oeuvre et pour les liens qu’elle entretient avec l’histoire du cinéma».

Le minimum dans la ville des Frères Lumières qui ont inventé le cinéma en réalisant le premier film, la fameuse sortie des usines. 

10 ans, déjà pour ce festival. Une belle aventure qui a séduit non seulement les professionnels mais aussi les Lyonnais. Avec chaque année la projection d’environ 200 films, souvent des copies restaurées, mais aussi des rétrospectives, des avant-premières et des invités prestigieux. 

Du 12 au 20 octobre, les organisateurs vont réquisitionner 60 lieux, salles de cinéma bien sûr, Auditorium, Célestins, Halle Tony Garnier… Sans oublier l’Amphi 3 000 de la Cité Internationale où se déroulera la cérémonie clôture. 

Un succès qui se confirme d’année en année et un record en 2018 avec plus de 185 000 spectateurs  

Alors qui sera le prochaine Nobel du cinéma ? 

Interpellé, la semaine dernière, avant la projection du «Cercle Rouge» par une spectatrice qui lui suggérait de choisir Alain Delon, Thierry Frémaux a réagi en plaisantant : «C’est impossible, je ne veux pas me brouiller avec Belmondo !» 

Une seule certitude pour ce onzième prix Lumière, Thierry Frémaux et son équipe ont arrêté leur décision depuis plusieurs mois. Secret bien gardé !

Du coup, les rumeurs circulent avec plus ou moins d’insistance. 

Isabelle Huppert d’abord qui a l’avantage d’être une femme dans ce palmarès à ce jour très masculin avec seulement deux actrices. En plus, à 66 ans, cette artiste a un vrai parcours et c’est devenu une référence notamment pour les critiques.

Une outsider : Tilda Swinton qui s’est distinguée dans «The dead dont die», un film de zombies qui a fait l’ouverture du dernier festival de Cannes. 58 ans, plus de 50 films, des rôles souvent solides et sérieux mais une belle capacité à s’adapter pour incarner des personnages très différents.

Autre prétendant logique : Brian de Palma qui est venu présenter en avril son fameux «Phantom of Paradise» à l’Institut Lumière (photo). L’occasion de le sonder ? Voire de régler les derniers détails ?

Inutile de préciser que le délégué général du Festival de Cannes a quelques arguments et que sur la Croisette il a du chasser quelques potentiels Nobel.  

Le problème en fait, c’est d’abord l’agenda de ces stars surbookées entre les tournages, les festivals… Exemple : Steven Spielberg présenti plusieurs fois mais qui n’a jamais réussi à se libérer. Et cette année ? Aujourd’hui,  il est en train de tourner son cinquième Indiana Jones…

Ce serait sans doute plus facile de convaincre le Lyonnais Bertrand Tavernier, 78 ans et un demi siècle de cinéma, après avoir été critique de cinéma puis assistant de Melville. Auteur d’une trentaine de films dont «L’horloger de Saint Paul», «Que la fête commence», «Capitaine Conan», «L 627», «Coup de torchon», «Le juge et l’assassin»… Une figure lui aussi. Et une extraordinaire culture cinématographique qui mériterait largement d’être mis en Lumière !

Benoit Bouby