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Mourad au sommet

Après «Folia» certains attendaient la chute. Il s’envole avec sa tribu. En donnant une dimension aérienne à son hip-hop. Tout en douceur. Un spectacle ovationné en début de saison à la Maison de la Danse. Et représenté ce week-end à Pôle en Scènes.

Noir total, une voix éthérée qui monte, deux danseurs qui surgissent puis un troisième, un quatrième… Nuage bleu en fond de scène, des colonnes se dessinent dans l’ombre. Et toujours ce murmure céleste, qui enveloppe un ballet tout en souplesse et ralentis. Intimité presque pour une belle ouverture qui annonce un magnifique «Vertikal». 

Ils sont une dizaine. En pantalon étroit, bustier ou tee-shirt, nuances de vert et bleu. Au sol, ils glissent, se frôlent et s’attirent alors que les voltigeurs décollent en douceur. Dans un beau jeu de lumière rouge, sur une symphonie électro de cordes et percussions. 

Soudain un quatuor élastique, confrontation hip-hop. Approches et défis. Violence contenue. Un duo impromptu, piano, nuance et lumière. 

Séquence verticale aux agrès. La petite troupe envahit les parois qui se dressent comme un défi. La technique est là, équilibre contre gravité. Mais la magie s’impose. 

Obscurité, la voix revient. Une danseuse qui plane dans l’espace. Solo aérien porté par un fil invisible. Sauts acrobatiques, gestes amples, hauteur et profondeur Extraordinaire légèreté. Un oiseau. 

Et le final déjà. Une varappe élastique avec cinq superbes voltigeurs qui bondissent sur des parois verticales. Alors qu’au sol, cinq danseurs les accompagnent, les portent, les propulsent, avant de s’élancer, bras levés vers le ciel. 

La maison de la Danse est sous le charme. Longue ovation pour le «chouchou». qui s’apprête à conquérir le monde. 

Et une question suspendue : quel sera le prochain coup de Mourad ? 

"Vertikal" du 17 au 18 mai à Pôle en Scènes. Durée : 1 heure

Extrait d'un film d'animation d'Emilie Tolot réalisé à partir du spectacle