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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Ils sont vendredi au Toboggan et ce week-end au Radiant avec «Transit». Une jeune compagnie québécoise, Flip Fabrique, qui fait un malheur. Interview de soin directeur, Bruno Gagnon.

«On a une énergie contagieuse !»

Pourquoi le Canada est devenu un pays de cirque ?
Bruno Gagnon : Nous sommes Québécois ! Mais ce qui a compté dans ce développement du cirque au Canada, ce sont les écoles. A Québec, à Montréal… Cela a permis de faire émerger des artistes qui ensuite sont montés sur scène ! Et voir surgir des compagnies comme la nôtre.
Les Canadiens ont une mentalité cirque ?
Moins qu’en France qui est un pays où nous sommes toujours très bien accueillis par le public. D’ailleurs notre jeune compagnie, qui a été créée en 2011, en est à sa sixième tournée française. Les Français aiment bien le cirque. Car ça leur permet d’oublier leurs problèmes. Alors ils plongent avec nous dans notre délire. Et puis ils aiment bien notre accent, notre côté jovial, notre dramaturgie…
Comment définir les artistes de cirque ?
On n’est pas coutume !
C’est-à-dire ?
Ah, ça ne se dit pas en français. Ça veut dire qu’on n’est pas des gens normaux ! D’ailleurs circassien ce n’est pas un vrai job, un job conventionnel. Car on s’amuse à amuser les gens. Mais cela exige tout de même quelques qualités. Beaucoup de travail d’abord, savoir fonctionner en équipe. Il faut aussi de la patience et être passionné, c’est le minimum. Et avoir une énergie mais aussi une légèreté. Du talent aussi !
L’originalité de Flip Fabrique ?
Une compagnie d’amis qui s’amusent sur scène et qui excellent dans certaines disciplines : trampoline, jonglage, diabolo… Notre matière première c’est l’acrobatie à échelle humaine. Car nos spectacles sont poétiques mais légers, taquins. Et puis on a une énergie contagieuse. Les gens viennent souvent sur scène pour s’amuser avec nous. Et ça marche. On est ce soir à Marseille où on joue devant 5 000 personnes au Dôme. Demain à Lyon, Hier… Et on est toujours complet. Ou presque.
Votre spectacle en deux mots ?
Ce sont des comédiens qui racontent leur vie en tournée. Tout ce qu’on n’a jamais pu réaliser au cours de nos tournées ! Une sorte de délire qui met en scène les coulisses, les montages et les démontages, l’entrainement, les avions…
Le plus difficile dans une tournée ?
La distance face à ceux qu’on aime, nos familles, nos amis. Mais nous, on voyage souvent avec eux ! On a deux bébés sur la tournée, et moi je suis avec ma femme et ma fille.
Votre spectacle évolue au fil des tournées ?
Bien sûr. Avec «Transit», on a déjà réalisé une cinquantaine de représentations. Alors évidement, ça bouge. On change de salle, d’abord. On ajuste certains numéros, on en introduit des nouveaux, des artistes nous rejoignent… Un spectacle c’est comme un adolescent. Ça grandit. Et comme un adolescent, tout dépend de nos humeurs. Parfois on est plus taquin, plus dans l’énergie…
Comment êtes-vous arrivés dans cet univers du cirque ?
En assistant à une parade quand j’étais enfant. J’ai vu des numéros qui m’ont étonné. Et je n’ai pas compris comment c’était possible… Alors je me suis mis à grimper sur les toits, à sauter… Ma maman a eu peur. Du coup elle m’a envoyé dans une école pour apprendre le cirque. Et puis j’ai passé cinq ans au Cirque du Soleil avant de créer ma compagnie. Une compagnie qui grandit justement ! On est déjà une vingtaine dont 14 artistes, trois techniciens… Et le public est au rendez-vous, ce qui nous fait chaud au coeur.

Propos recueillis par Philippe Brunet-Lecomte

«Transit» au Toboggan de Décines le 14 décembre, puis au Radiant à Caluire les 15 et 16 décembre.