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Plateforme pour la culture / Lyon-région

«Qu’on nous laisse du temps !»

Association culturelle très active dans 7e arrondissement de Lyon, la Gourguillonnaise est menacée de fermeture. Explications de son porte-parole, Bernard Prosperi.

Quelle est l’origine de la Gourguillonnaise ?

Bernard Prosperi : Cette association a été créée en 1975 pour proposer aux agents de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon des ateliers de pratique culturelle : photos, danse, théâtre, musique… Puis dans les années 90, on a ouvert ces ateliers au grand public 

Votre rôle à la Gourguillonnaise ?

J’ai rejoint il y a 35 ans cette association. Je faisais alors partie des Ballets Populaires de Lyon puis je me suis lancé dans le théâtre avant de devenir le metteur en scène de notre compagnie. J’ai aussi été président de la Gourguillonnaise pendant 18 ans

Comment vit cette association ?

On touche 200 000 euros de subvention de la Métropole. Ce qui nous permet de payer nos trois salarié et surtout notre loyer à la Métropole ! En réalité, on ne touche que 47 000 euros de subvention.

Pourquoi la Gourguillonnaise est menacée ?

La Métropole vient de nous annoncer qu’elle arrêtait, en juin prochain de subventionner notre association. Et qu’on devrait quitter, en fin d’année, nos locaux, 1 600 m2 situés dans le 7ème arrondissement, qui lui appartiennent. Pourtant, il n’y a aucun projet de prévu. En revanche, notre bail précise que si la Métropole nous vire, elle est obligée de nous reloger.

Combien avez-vous d’adhérents ? 

360 dont seulement 160 agents sur les 20 000 de ces deux collectivités. Mais il ne faut pas oublier qu’on accueille plus de 2 500 spectateurs par an, une douzaine de compagnies, une quinzaine de soirées danse, des expos photos, une vingtaine de représentation arts de la rue… On travaille aussi en partenariat avec la Fédération Nationale de Théâtre Amateur. Mais aussi avec le TNP,  la Maison de la Danse, les Célestins… qui utilisent nos locaux pour des répétitions. Sans oublier les associations de quartier. 

Quelle solution proposez-vous ? 

On est prêt à discuter de cette subvention. On est même prêt à faire sans. On trouvera d’autres partenaires, on augmentera un peu les prix de nos cours… En revanche, on souhaite rester dans ces locaux qu’on a entièrement aménagés : un studio de danse, un théâtre d’une centaine de places, une salle de musique insonorisée, un bar… D’ailleurs, on propose à la Métropole d’ouvrir nos locaux à d’autres associations culturelles. Comme les ateliers de pratiques artistiques sont confrontés au même problème à Perrache, on les a rencontré et ils semblent intéressés pour leurs ateliers sculpture.

Vous avez rencontré des élus ? 

«Tant que je serai là, on ne touchera pas à la Gourguillionnaise !», nous avait dit Gérard Collomb qui nous a toujours soutenus. On comptait donc beaucoup sur son retour à Lyon mais il nous a demandé de voir avec son adjoint à la Culture, Loïc Graber qui est d’ailleurs le seul élu à être venu nous voir ! Il a reconnu que c’était un patrimoine exceptionnel et nous a promis d’en discuter avec David Kimelfield, le président de la Métropole, qui lui, ne nous a jamais répondu. 

Quelles sont les perspectives ?

On va réunir tous nos partenaires le 10 mai et on vient de lancer une pétition. Ce que nous demandons : qu’on nous laisse du temps, au moins deux ans pour proposer un nouveau projet

Propos recueillis par Nadège Michaudet

Pour signer la pétition https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/sauver-association-culturelle-personnels-metropole-ville/63741