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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Il devait inaugurer la saison «underground» de l’Opéra de Lyon. Mais le musicien qui a fait revivre «Douce France» est mort cette nuit d’une crise cardiaque.

Rachid Taha ne chantera pas à l’Opéra

Un concert très attendu, samedi 22 septembre. Accompagné par les cordes de l’orchestre, le chanteur devait célébrer dans la grande salle de l’Opéra les 20 ans de son album emblématique, «Diwan».
Né à Oran, Rachid Taha qui allait fêter ses 60 ans dans quelques jours, a débarqué en Alsace en 1968. Mais c’est à Lyon qu’il va se former et constituer son groupe, Carte de Séjour, au début des années 80. Il participe alors à la fameuse marche des beurs parti du quartier des Minguettes à Vaulx-en-Velin pour traverser la France en dénonçant le racisme et les inégalités. L’année suivante, il ouvre une boite de nuit à la Croix-Rousse, «Au refoulé», où là encore il affiche la couleur. Mais c’est en 86 qu’il va faire sensation en reprenant la fameuse chanson de Charles Trenet, «Douce France».
Trois ans plus tard, il dissout son groupe pour se lancer dans une carrière solo avec ses albums «Barbes» puis «Diwan». Mais aussi «Tékitoi» qui reprend le fameux «Rock the Casbah» des Clash. Remportant un immense succès comme avec «Ya Rayah». 
Un style qui colle parfaitement à la double culture qui associe raï, chaâbi, rock, techno, punk… Un horizon à la mesure de cet «Algérien toujours, Français tous les jours». Dandy chaleureux et provocateur, Rachid Taha proclamait il y a quelques années dans une interview à Télérama : «La France est un pays de plus en plus féminin, homo même….». Avant d’ajouter en rigolant : «Vous n’avez pas remarqué comme on s’embrasse ici ! Pour un oui, pour un non. C’est le côté arabe de la France. C’est déjà un début…».

Antoine Convert