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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Denis Van Den Berg, «Eclaireur de la culture» pour mytoc.fr, a assisté à une représentation du «Rosaire des voluptés épineuses». Pièce de Georges Lavandant qui reprend les textes du poète lyonnais Stanislas Rodanski.

«Restituer ses plus beaux écrits»

Ouvrir le livre de Stanislas Rodanski, «La victoire à l’ombre des ailes», c’est découvrir un monde étrange où le réel se conjugue avec l’imaginaire, où les phrases s’enroulent en spirales pour éclater en fleurs tropicales ambiguës et délétères… On se débat dans un roman à la recherche d’une histoire et on est bousculé par un personnage hors du commun, une écriture surréaliste, un homme hors système, hors norme, une âme sulfureuse portée par sa folie, ses imaginaires, ses souffrances. Un jour, j’ai ouvert ce livre. J’ai tout de suite aimé cet univers créé par Rodanski.
Au théâtre, je voulais le retrouver. Je suis ressorti toujours plus proche de lui, de son geste. Pas d’étude de textes ou de personnalité. Pas de regard distancié pour mieux comprendre ou se faire comprendre. J’ai retrouvé dans les choix et la mise en scène de Lavaudant tout ce que j’ai aimé dans ses textes sensuels, la musique des mots et des phrases, le rythme, cette mélodie qui vous embarque à condition de lâcher prise et de se laisser emporter dans des torrents d’images et de sensations. La mise en scène soutient parfaitement cette polyphonie de vibrations, d’images, de senteurs. Ombres et lumières, personnages profonds et déroutants. Le rideau s’ouvre. On rentre tout de suite dans l’intimité douloureuse et colorée de Rodanski. On aime ou on aime pas cet écrivain. La force de cette pièce est de restituer ses plus beaux écrits, son âme profonde, sans les trahir.

Denis Van Den Berg