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Plateforme pour la culture / Lyon-région

«Se projeter et réfléchir»

Pour sa 9e édition, European Lab prend une dimension politique. Avec un décryptage des élections européennes.

«European Lab Camp». C’est le nouveau concept de ce laboratoire des Nuits Sonores. Trois journées de débats pour évoquer les enjeux sociaux, économiques et politiques, ponctués par une série de concerts. 

Particularité de cette édition 2019, elle se déroulera 72h après les élections européennes. «Une charnière historique», souligne Vincent Carry, fondateur de l’événement, qui redoute «une épreuve démocratique pour les pro-européens». Mais qui rassure : «Nous n’allons pas nous contenter d’un constat amer mais nous projeter et réfléchir à des solutions pour le futur». 

Premier rendez-vous le 30 mai pour un décryptage des résultats. Trois heures de live avec Mediapart, un forum réunissant plusieurs universitaires qui échangeront avec le public… Mais aussi la présentation de nouveaux médias alternatifs : Political Critique en Pologne, The press project en Grèce, Konbini en France… Le soir, concerts électro de l’Autrichien Dorian Concept et du Grec Hior Chronik.

Le 31 mai, les nouveaux activismes seront à l’honneur, «des initiatives permettant aux citoyens de reprendre la main», autour de plusieurs thèmes : le climat avec notamment le géographe-politiste Guillaume Faburel et Marie Toussaint d’Europe Ecologie les Verts. Mais aussi l’activisme féministe avec la présence d’Irène, une jeune espagnole qui s’est fait remarquer récemment en se promenant dans les rues sans serviette hygiénique. Pour dénoncer «la précarité menstruelle». L’Italien Andrea Boccuni sera également présent pour évoquer le lobbying et proposer que ces groupes de pression soient mis au service des citoyens. Pour clore cette journée, deux groupes très engagés en faveur des réfugiés : Jerusalem in my heart originaire du Liban, et Tapan de Serbie. 

Le samedi 1er juin, place à la fiction. Avec l’intervention très attendue de Camille de Toledo, «le plus européen des auteurs contemporains», qui va proposer une fable futuriste. En 2050, la nature a acquis un statut juridique lui permettant de porter plainte. La lagune de Venise ne va donc pas hésiter à attaquer le tourisme de masse. Egalement au programme : des jeunes qui font un tour d’Europe pour découvrir des initiatives culturelles, écologiques… Et une intervention de Giuliano da Empoli qui a publié «Les ingénieurs du chaos» sur les algorithmes qui diffusent des fake news à travers le monde.

Pour conclure ces trois jours, un grand concert de La colonie de vacances. Quatre groupes français, représentants de la scène indépendante, qui vont jouer en même temps sur quatre scènes différentes face à un même public. 

Quelques annonces également durant cette conférence de presse : We are Europe, système de coopération et d’échange entre huit équipes artistiques de huit pays différents, vient d’être renouvelé pour trois ans. Avec un panel de 64 personnalités faisant partie de «cette génération d’européens force de transformations» : journalistes, chercheurs, philosophes, écrivains, artistes… Mais aussi la création d’un média pour valoriser les contenus, «absolument déterminant aujourd’hui sur le web».

Et toujours Mini Sonore, des événements pour les enfants de 4 à 12 ans : ateliers créatifs, concerts, bal… Des soirées au Sucre : Seth Troxler qui va réaliser un DJ set de cinq heures, des artistes bruxellois, une queer party… Tandis que le restaurant A La Piscine et Villa Schweppes accueilleront Pardonnez Nous. Douze artistes qui vont mixer pendant douze heures. 

Arty Farty, la structure qui gère Nuits Sonores et European Lab, fête ses 20 ans cette année. Et compte bien continuer son implantation dans le monde. «En rendant le dispositif plus lisible», a insisté Vincent Carry.