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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Souchon Une âme d’ado

Toujours inspiré, Alain Souchon signe un 14e album dans lequel le regard qu’il porte sur le monde n’a pas pris une ride. Une humanité à fleur de peau. Par Cyrille Pac.

«Ame fifties». Le titre annonce déjà la couleur. Le dernier album d’Alain Souchon, sorti la semaine dernière, dépeint le monde d’aujourd’hui avec une douce nostalgie et un brin de mélancolie. D’un regard désenchanté mais amusé, le chanteur contemple le temps qui passe. A 70 ans, il a encore des révoltes de jeune homme. La fracture sociale, par exemple : «De mon belvédère, je regarde la France. Avec ses lumières, ses souffrances». Ou l’injustice, quand il jette un pont entre Paris et la banlieue dans le très beau «Ici et là». 

Mais l’espièglerie n’est jamais très loin chez cet éternel adolescent qui traque la lumière dans un monde imparfait sur le titre «Presque». Ou qui s’amuse de perdre ses cheveux dans le très amusant «On s’ramène les cheveux… vers l’avant». Sans oublier cet art délicat de dire les choses sans vraiment les dire. Comme dans «On s’aimait», quand il décrit un amour usé par le temps et le quotidien.
Alain Souchon s’est entouré de ses deux fils pour la plupart des musiques et mélodies. Les chansons s’aventurent alors dans une pop moderne et langoureuse. On retrouve même des teintes osées de country pour habiller un poème de Ronsard.
Après 14 albums, le chanteur arrive encore à surprendre. Seul bémol : il manque une chanson qui s’impose immédiatement comme  autrefois, «Foule sentimentale», «Allo maman bobo» ou «Ultra moderne solitude».