0
Plateforme pour la culture / Lyon-région

L’amphithéâtre de Fourvière transformé en cabaret. Le temps d’une soirée assez magique. Avec une troupe ukrainienne déjantée qui a conquis le public.

«Terabak» Une belle tromperie !

Elles d’abord. Six sur scène, six musiciennes, contre-basse, guitare, piano… Toutes chanteuses. Et un vrai look, masque blanc, cheveux en bataille, jupes, tuniques et collants, noir ponctué de couleurs… Une sacrée énergie pour un rock venu du fin fond de l’Ukraine. Rythme and slave. Un choeur rebelle.
Tout commence par un frisson. En combinaison blanche, un funambule surplombe le public à la tombée du jour. D’un pas lent et précis, il avance, une longue barre entre les mains. Alors qu’un bonimenteur se moque de cet «intrus». Au sol, un clown l’escorte, coussin vert en main, pour amortir le choc au cas où… Et puis tout à coup surgit une diablesse, en rouge. Sensuelle et provoc, elle hurle, interpellant le public en ukrainien. Le spectacle a commencé. Tambours frappés, quelques accords dans les graves. Un petit bonhomme en costume sombre s’active avec un balai pour chasser les paillettes qui scintillent. Puis il se lance dans un superbe numéro de nettoyage acrobatique avec son chiffon rouge. Un bar, un échafaudage… Il saute, hésite, tombe, glisse, se relève avant de rebondir sur un trampoline invisible. «Est-ce que quelqu’un connait ses parents ?», persifle le monsieur déloyal qui va enchainer les moqueries. En provoquant les rires des enfants et de leurs parents.
Cet étrange balayeur va donner le ton du spectacle. Un éloge de la maladresse. Numéros ratés qui s’enchainent. Magistral. Dur de se tromper avec talent !
Comme ce magicien qui, en grand écran, va réaliser quelques jolis tours de passe-passe avec son jeu de cartes. Ratages très réussis. Avec la complicité de deux volontaires éberlués qu’il va taquiner de son humour vachard : «On ne va pas y passer la soirée !».
Et la petite troupe enchaine. Plusieurs séquences autour d’un simple fil. Danse verticale. Magnifique. Un acrobate qui court après ses jambes, un vélo qui virevolte…
Tout à coup, une chute spectaculaire qui provoque des exclamations inquiètes dans les gradins de l’amphithéâtre. «Ne vous inquiétez pas, Il est mort !», s’amuse le bonimenteur avant d’interviewer un artiste ukrainien. Séquence qu’il conclut d’un «pas grave, il ne comprend rien». Alors que l’orchestre impose son tempo. Les filles qui se déchainent dans une lueur bleue. De belles sorcières. Et le public qui l’accompagne en frappant des mains. Joli final pour ce cabaret-terabak spectaculaire, rythmé et drôle. Très aérien, un petit nuage de folie douce.

«Terabak de Kyiv» mise en scène de Stéphane Ricordel avec les Dak Daughters, Yann Frisch en monsieur loyal-magicien et David Dimitri en funambule. 1h45.