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Plateforme pour la culture / Lyon-région

That’s LIF !

Le théâtre de L’Improvidence a présenté mercredi la deuxième édition de son «Lyon Improv Fest» qui va réunir en mai les stars mondiales de l’improvisation.

«Echanger», «découvrir, «transmettre»… Ce sont les principales priorités de ce festival qui, pendant une semaine, va réunir treize stars de l’improvisation venues du monde entier : Népal, Colombie, Russie, Nouvelle Zélande, Israël… Des «couleurs» et des «courants très différents», a souligné Thomas Debray, le directeur-fondateur de l’Improvidence. Mais aussi des «références» que l’équipe de ce théâtre lyonnais a réussi à convaincre souvent «à l’affect». Pour le plaisir de se rencontrer et de jouer ensemble. En se confrontant aussi à des professionnels et des amateurs, tous passionnés d’improvisation bien sûr. «Une famille».

Deux «espaces» pour cette manifestation «unique en France» : un espace professionnel avec 50 ateliers de travail et espaces découvertes qui permettront aux compagnies de présenter les 26 spectacles programmés. Mais l’événement reste ouvert à tous. 

Deux grandes soirées encadreront cette semaine du 4 au 11 mai, à la Comédie Odéon, «une salle emblématique» où se déroulent l’ouverture et la clôture de Lyon Improv Fest avec tous les invités réunis sur scène. Alors que des partenariats avec des petites salles lyonnaises permettront d’accueillir les autres spectacles. 

Mais attention, tout va se jouer in english. Pas de problème pour les organisateurs qui comptent sur le bouche à oreille en répétant in french : «Il ne faut pas que la langue soit un frein». 

Un festival qui affiche un budget de 50 000 euros, sans la moindre subvention. Pas rentable évidemment car les cachets des treize sont «chers». Mais un investissement essentiel car cette manifestation renforce «la crédibilité» de L’Improvidence.

Seule critique qu’on pourrait faire à ce «Lyon Improv Fest» c’est son nom. Essayer de le dire à voix haute, vous verrez ! En initiale, c’est déjà mieux : LIF avec éventuellement un «e» comme vie, in english. Mais c’est totalement improvisé !    

Cette présentation a été aussi l’occasion de souligner que l’improvisation fait aujourd’hui un malheur. Spectateurs et comédiens en hausse significative. En quatre ans, les pros et les amateurs ont doublé, 65 000 aujourd’hui. Alors que le public a progressé de 60%. 

Et L’Improvidence, «seul théâtre dédié en France à l’improvisation», s’inscrit logiquement dans cette dynamique. Avec près de 1 000 levers de rideau cette année, contre 200 il y a quatre ans, lors de la création de ce lieu. Et tout ça sans argent public là encore ! Grâce à un public toujours plus nombreux, 40 000 l’année dernière.

Un élan qui impulse aussi une évolution de l’impro, née après la dernière guerre, qui aujourd’hui ne peut plus se réduire à un simple jeu instinctif de comédiens affranchis d’un texte, «un lâcher prise» ou «une écoute du public». Mais un genre qui apporte une vraie contribution dans cet univers théâtral, autour de sujets forts, faits de société notamment.  Avec une scénarisation et des contributions d’autres disciplines, graphisme, musique… Et des thématiques ambitieuses qui n’attirent plus seulement un public de café-théâtre. 

Exemple avec ce «Shakespeare or not Shakespeare» de la Lily, la Ligue Lyonnaise d’Improvisation. 

Ce qui permet de conclure naturellement : «The spirit of improvisation is a challenge to the creative direction». Charlie Chaplin, obviously. Understand ? So run book your tickets !

«Lyon Improv Fest» organisé par le Théâtre de L’Improvidence du 4 au 11 mai à Lyon. Les invités : Lee White, Jill Bernard, Tim Orr, Felipe Ortiz, Omar Galvan, Flavien Reppert, Joe Bill, Paula Galimberti, Joe Samuel, Heather Urqhuhart, Imbal Lori, Keg-Sam Chane Chick Té et Patti Stiles. Plus d’information sur www.festival-improvidence.com. Tel 09.53.36.70.72