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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Un bel «Ultimo beso»

A 88 ans et malgré la pluie, la star du Buena Vista Social Club a assuré le show samedi soir sur la scène des Nuits de Fourvière.

«La plus jolie, la plus belle, la plus chaude, la plus sexy.»

Omara Portuondo, chanteuse du groupe mythique qui a démocratisé la musique cubaine, a fait une entrée remarquée sur la scène des Nuits de Fourvière. Longue robe rose, noeud assorti dans les cheveux, un foulard bordeaux sur les épaules. Elle arrive au bras de son pianiste, Roberto Fonseca. Le pas mal assuré mais le rythme toujours dans la peau, elle esquisse quelques pas de danse en se déhanchant. Puis s’assoit sur une chaise au milieu de ses musiciens. 

88 ans, quelques rides ont creusé son visage mais toujours souriante. Sa voix, toujours aussi puissante et envoûtante. Dès le premier titre, elle demande au public de l’accompagner en tapant dans les mains. A la deuxième chanson, quelques spectateurs commencent déjà à se trémousser. A la quatrième, de plus en plus de monde descend dans la fosse, au plus près de la scène. Après seulement 35 minutes de concert, le parterre des Nuits de Fourvière s’est transformé en dancefloor. Des couples enlacés, des filles aux jupes longues qui dansent la salsa… Même les quelques enfants présents s’éclatent. 

Puis la diva cubaine quitte la scène, «pour se relaxer un peu». Intermède jazz très applaudi. Avant le retour de la star.

«Hace frio, no quiero la lluvia», «Il fait froid, je n’aime pas la pluie». Omara Portuondo s’emmitoufle dans son foulard. Le vent se lève, les premières gouttes se mettent à tomber. Prévenant, Roberto Fonseca l’aide à se reculer pour ne pas être mouillé. Mais rien ne semble pouvoir entacher sa bonne humeur. Car Omara Portuondo l’a annoncé : c’est sa dernière tournée, son «ultimo beso». L’occasion de reprendre les plus grands tubes du Buena Vista Social Club : «Dos gardenias». «Te quiero, te adoro, mi vida (…) Que serán tu corazón y el mio», «Je t’aime, je t’adore, ma vie (…) Ce sera ton coeur et le mien». Belle déclaration d’amour à un public conquis et ému.