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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Un cirque prometteur

Présentation jeudi soir de la prochaine Biennale d’Art Contemporain dans une immense friche industrielle du quartier de Gerland. Des oeuvres monumentales, loufoques, engagées… Imaginées par un clan des sept venus du Palais de Tokyo.

Des murs en béton recouverts de graffitis, une immense toiture métallique, un sol brut bleu délavé, des machines déglinguées… On est aux Usines Fagor-Brandt, QG de la future Biennale d’Art Contemporain qui ouvrira ses portes en septembre. 
Jeudi soir, tout Lyon était au rendez-vous dans un des grands halls de cette gigantesque forteresse industrielle au coeur du quartier de Gerland. 
«Un nouveau lieu et une nouvelle dimension», proclame la directrice générale, Sylvie Burgat, qui a ouvert le bal des traditionnels discours politiques avant de laisser la parole à un Gérard Collomb souriant et détendu qui a même osé une blague sur ses ennuis judiciaires : «Au cours des derniers jours, j’ai enchainé les Nuits Sonores, une perquisition et aujourd’hui la Biennale. Il y a des jours plus agréables que d’autres !». Ce qui déclenche rires et applaudissements, avant que le maire célèbre cette réussite lyonnaise, «une des cinq premières plus grandes biennales du monde !». Il va même citer le jeune artiste brésilien Maxwell Alexandre qu’il a découvert au cours de la dernière exposition du MAC et qu’il a beaucoup apprécié !
Son «ami» David Kimelfeld, le président de la Métropole, va lui succéder à la… tribune. En costard-baskets, il bondit sur scène pour saluer la parité dans les équipes de la Biennale mais aussi chez les artistes invités. «Un bon signe», souligne le président de la Métropole qui a rendu hommage aux partenariats conclus par les organisateurs avec une cinquantaine d’entreprises qui ont permis de réunir plus de 3 millions d’euros afin de produire quarante projets d’artistes. Une première.
Puis Christopher Miles, successeur de Jean de Loisy à la présidence du Palais de Tokyo, a présenté avec humour sa troupe de jeunes curateurs qui assure le commissariat artistique de cette édition. Sept dont quatre femmes alignés derrière une table sur l’estrade. Un «équilibriste», un «magicien», un «trapéziste», un «jongleur»… 
Ce sont eux qui ont sélectionné les 56 artistes qui seront exposés dans cette usine et au MAC, dont une majorité de jeunes émergents. Près de 30 000 m² où sera dessiné «un parcours émotionnel sous forme de paysage». Car le paysage est le thème central de cette «grande fête de l’art contemporain» qui ne sera pas «enfermée» mais qui va «envahir» d’autres lieux de l’agglomération, a précisé la directrice artistique Isabelle Bertolotti : le MAC bien sûr, l’IAC de Villeurbanne pour la jeune création, ainsi que dans huit autres lieux comme le Couvent de la Tourette pour des expositions associées, sans oublier les 150 galeries et centres d’arts de la région réunis autour du programme Résonance. 
Mais c’est aux Usines Fagor que va battre le coeur de cette Biennale avec des œuvres souvent monumentales pour construire une «expérience in-situ» couronnée par un titre, «Là où les eaux se mêlent». Clin d’oeil à la confluence mais surtout pour réfléchir sur «les relations et les flux qui sont en jeux dans le monde d’aujourd’hui», a expliqué l’un des commissaires. 
Le clan des sept a ensuite présenté à tour de rôle quelques-uns des artistes invités : les œuvres colorées et immersives de Gustav Metzger, les sculptures-performances de Malin Bülow, les environnements sonores très engagés de Marie Reinert. Ou encore une immense sculpture de métal représentant des ronces, imaginée par Jean-Marie Appriou. Toute aussi attendue, l'œuvre du jeune hollandais Sam Keogh qui va développer une installation gigantesque autour d'un tunnelier de 250 tonnes, «il va falloir casser un mur pour le faire rentrer !».
Un sacré défi pour ce clan des sept commissaires qui vont devoir démontrer leurs talents d’acrobates pour transformer ce chapiteau industriel en tenant leur promesse : étonner le public et susciter de l’émotion. Mais aussi révéler de nouveaux talents. Réponse en septembre.


Agathe Archambault


La Biennale d'Art contemporain de Lyon, «La où les eaux se mêlent», se déroulera du 18 septembre 2019 au 5 janvier 2020 aux Usines Fagor et au MAC.