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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Un équilibre dansé !

Mourad Merzouki a présenté, mercredi soir, la saison 2019-2020 à l’Espace Albert Camus de Bron. Avec une programmation résolument «pluridisciplinaire». Mais toujours de la danse, bien sûr !

«Non, à Camus il n’y a pas que de la danse»

Mourad Merzouki le sait très bien : une des rares critiques adressée à l’Espace Albert Camus, c’est de privilégier la danse. Une structure que dirige ce danseur chorégraphe depuis trois ans. Et c’est sans doute pour ça qu’il a insisté, mercredi soir, sur le point fort de la saison prochaine qui sera d’abord et avant tout «équilibrée». Debout devant une table haute sur la droite de la scène, il a longuement plaidé pour cette inflexion, entouré de son équipe.

Pas simplement des mots en l’air. Puisqu’il annonce lui-même les ingrédients de ce cocktail : «25% de théâtre, 23% de musique, 18% de cirque,… Et 23% de danse !». Seuls les mauvais esprits additionneront cirque et danse ! 

Une dynamique saluée par le maire de Bron en le remerciant de «rendre cet espace vivant». Tout en soulignant les bons résultats de la saison qui vient de s’achever :  72 levers de rideau pour 17 200 spectateurs. Près 300 spectateurs en moyenne. Pas toujours facile de faire salle comble pour «une scène qui tourne le dos à Lyon», comme l’a suggéré Mourad à cet élu. 

Pôle en Scènes, qui regroupe l’Espace Albert Camus, Pôle Pik et le Fort de Bron, mais aussi le Festival Karavel, va également miser sur ses valeurs : convivialité et ouverture, notamment à toutes les générations… 

Une saison qui va tout de même s’ouvrir en fanfare par de la danse associant hip-hop et numérique. Avec le fameux «Pixel», de la compagnie Käfig, qui revient à Bron après un tour du monde, 185 villes ! Deux autres succès de Mourad à l’affiche : «Folia» et «Yo Gee Ti».

Danse toujours avec le Festival Karavel qui, pendant un mois, va associer une vingtaine de villes de l’agglomération lyonnaise. Les jumeaux de «Gamal» en noir et blanc sont venus donner un petit avant goût de cette manifestation avec un superbe duo de hip-hop. 

Musique ensuite. La chanson française sera à l’honneur avec «le grand Renan Luce» qui se renouvelle dans un concert plus intime et symphonique accompagné de douze musiciens. Ou encore, le groupe festif «Paris Combo». Un style «cabaret jazzy» porté par «la voix envoûtante de Belle du Berry».

Du cirque ensuite, pour tous les goûts. Avec «Est-ce que je peux sortir de table ?» du théâtre Bascule, laissant libre court à l’imagination d’un enfant qui s’évade lors d’un long repas de famille. Des assiettes trampolines, des fourchettes géantes qui servent de mât chinois… De la haute-voltige aussi, dans un bar clandestin des années 30 à New York. Un voyage dans le temps proposé par la compagnie The Rat Pack. Mais aussi «projet.pdf», un spectacle acrobatique 100% féminin. Seize femmes sur scène, une compositrice et une «DJette» derrière les platines.

Du théâtre enfin, souvent musical. «Le conte d’hiver» de Shakespeare dans une version moderne et loufoque. Des comédiens musiciens, chanteurs et danseurs. «Au-delà du mur» de Nino d’Introna sur la thématique des frontières, et «La Claque», création de Fred Radix, en résidence. à Pole en Scène. Après «Le siffleur», il explore une fonction essentielle dans l’univers culturel: chauffeur de salle !  A signaler également, quelques reprises de jolis succès comme «Le Porteur d’histoire» du célèbre metteur en scène Alexis Michalik une fiction autour d’Alexandre Dumas jeune ou «Amour» de Marie de Jongh, du théâtre masqué pour le jeune public.  

38 spectacles au total, pour 63 représentations. Une programmation équilibrée qui semble prometteuse. Mais qui va tout de même swinguer !

Manon Benoiston

Photo : «Folia»