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Plateforme pour la culture / Lyon-région

«L’amour flou» de Romane Bohringer met en scène la séparation de son couple à bout de souffle. En inventant une formule pour préserver leurs enfants qui fonctionne bien : l’humour !

Un joli sas pour deux pingouins

Un homme, une femme, deux enfants qui dorment. Quatre images en ouverture de ce film. Tout sauf une fiction bien soignée. Mais plutôt une sorte de vidéo familiale, manque simplement l’image qui tremble.
Quatre images accompagnées d’une célèbre chansonnette : «Si c’est fini entre nous, la vie continue malgré tout…»
Romane Bohringer et Philippe Rebbot, ont décidé de divorcer. La vie. Mais la vraie puisqu’ils vont filmer leur séparation en jouant leur propre rôle. En rameutant leurs amis, leurs parents… «Entre nous, c’est une banquise avec deux petits pingouins posés dessus», explique Philippe à sa psy alors que Romane avoue à la sienne : «Etre ensemble, être une famille… J’ai l’impression que je leur arrache ça».
Banal, très banal. 130 000 divorces par an en France. Mais le couple a décidé d’inventer une solution originale. Une cohabitation avec deux appartements reliés par un «sas» où vivent leurs deux petites victimes. Déménagement, aménagement, les amours qui se croisent, les voisins homos qui s’en mêlent… Et une belle «désalliance» au doigt qui couronne un divorce pas très net, comme souvent.
Même si son rôle de gentil déjanté est assez facile, Philippe, barbu à lunettes «sapé comme un SDF» est exceptionnel avec son skate, son chien «qui pue», sa casquette de travers et sa désinvolture ramolo. En revanche son ex, tout en rondeurs et coups de gueule, est moins convaincante. Difficile d’être devant et derrière la caméra !
Quelques personnages viennent renforcer ce duo. Notamment le directeur d'école en moumoute qui les sermonne sur les cheveux longs de leur fils, «un risque pour son identité sexuelle». Très drôle avec ses tics, ses tocs et ses jeux de main (Gabor Rassov). Ou Richard Bohringer, le père évidemment, qui n’a pas besoin de se forcer pour, entre deux «putain», piquer une colère contre les promoteurs et les notaires. Mais aussi le copain divorcé malgré lui qui est tombé amoureux de son bâtard (Reda Kateb).
Avec en prime quelques dialogues très vifs. «Romane a la tête sur les épaules», se désole le père de Philippe qui lui réplique : «Sur les épaules de quelqu’un d’autre». Ou, quand on lui demande s’il est engagé, avoue être «marxiste-lenoniste». John Lennon évidemment.
Alors oui il faut aller voir cet «Amour flou». En famille recomposée, c’est encore plus drôle. Une excellente thérapie pour les pingouins !

«L’amour flou» de Romane Bohringer avec Romane Bohringer et Philippe Rebbot. A Lyon au Lumière Bellecour et au Comoedia.