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Plateforme pour la culture / Lyon-région

Une artiste rejoint les étoiles

L’équipe de mytoc.fr avait rencontré Sarah Chlaouchi et Fanélie Danger sur la péniche. Deux jeunes artistes passionnées qui revenaient d’une belle aventure au Festival d’Avignon. En rêvant déjà à la suite. Mais Fanélie vient de mourir à seulement 34 ans. mytoc.fr a tenu à lui rendre hommage.

Nouvelle rubrique de mytoc.fr pour donner une tribune aux artistes émergents qui cherchent des lieux pour présenter leur spectacle ou leur oeuvre, mais aussi pour travailler, répéter, fabriquer… Ouverture de cette série avec une danseuse et une comédienne, Sarah Chlaouchi et Fanélie Danger. La trentaine. Elles ont créé il y a un an la compagnie Sursum Corda. Et joué cet été leur premier spectacle au Festival d’Avignon.

Déclic «On s’est rencontré au Bar à Tartines où on était serveuses dans le quartier Saint Jean à Lyon. C’était il y a sept ans. On était plus jeunes, gentilles, mignonnes… Ce qui nous a connecté : le rire ! On n’arrêtait pas de déconner. Et tout le monde entendait notre rire sonore». Une complicité entre ces deux petites brunes vives et pétillantes qui a suscité chez elles «une envie de créer ensemble». 
Face-à-face Fanélie sur Sarah « Elle a des idées, une imagination débordante, même. Elle tourne toutes les situations en grosses blagues. Mais elle a de la profondeur. Je crois en elle». Sarah sur Fanélie : «Elle me fait beaucoup rire. Une grande sensibilité et du potentiel. Elle est capable de faire plein de trucs qu’elle ne sait pas encore». 
Parcours - Sarah, 31 ans, originaire du Nord. Un père logisticien, une mère conseillère conjugale. Commence à danser à 9 ans. «Hyper-timide», elle se révèle très à l’aise sur le devant de la scène. Dix années de classique, Puis le Conservatoire à Paris et à Lyon avec un virage vers le contemporain. «Cela m’a permis de découvrir le sol, pieds nus, le haut et le bas. La liberté. Et l’improvisation». - Fanélie, 33 ans, Lyonnaise. Une mère psychomotricienne, un père chef d’entreprise, événementiel. A 8 ans, elle monte sur les planches. Une troupe de village. «C’est là où je me sentais bien». Discrète mais une envie de «se connecter aux gens». Une «petite» école de théâtre puis des concours pour accéder aux grandes. Refusée. «Je me suis écartée du chemin et il a fallu que je m’accroche». Se forme sur le terrain en jouant, une sensibilité musicale et une fibre sociale. 
Spectacle «Garces» 45 minutes de théâtre-danse. Joué dans le off du Festival d’Avignon. Deux filles sur scène, évidemment. Décor minimum, une chaise. En robes noires à paillettes. Premiers mots : «La meilleure amie de la femme : une gaine, une dégaine, une rengaine». Ça bouge, parle, crie, murmure, chante, danse… Et ça rigole bien sûr. «Un théâtre très physique qui met en scène des situations quotidiennes, poussées à l’extrême». Un ton «acerbe» qui «pique là où ça fait mal». Pendant le mois de juillet dernier, elles ont rempli leur salle de 50 places. Public éclectique. Des ados aux retraités. Des lecteurs Télérama aux fans de café-théâtre. «On ne prend pas au sérieux mais on le fait sérieusement»
Communication Extrait de leur quatre pages de présentation : «Féminin du mot gars, la garce désigne au 16ème siècle une jeune file ou une femme. Cette ambivalence est le point de départ de notre création (…) L’image de la femme parfaite prête à l’emploi nous poursuit. Elle doit être coquette mais naturelle, intelligente mais pas grande gueule, sexy mais pas vulgaire, épilée en toute circonstance, maquillées sous la flotte, en talon même dans les pavés (…) Au secours mais pourquoi nous?» 
Perspectives Une nouvelle création, «Sa race». Sur les origines. Danse-théâtre, toujours. Elles cherchent un lieu pour répéter, un scénographe, un co-producteur, une salle… Rendez-vous sollicités : la Comédie Odéon, le théâtre de l’Elysée, Les Subsistances, les Célestins, Astrée… Objectif : pouvoir jouer leur pièce ou obtenir une résidence. Elles cherchent aussi à se faufiler à la DRAC. «C’est très dur pour rencontrer les bons interlocuteurs» et convaincre les décideurs qui ont besoin d’être «rassurés». Elles répondent aussi à des appels à projet. «On est sur tous les fronts sans grands moyens. De l’espoir et beaucoup de patience et d’énergie. On garde le cap». Traduction de Sursum Corda : haut les coeurs ! 
Contact et vidéo sursumcorda.contact@gmail.com Vidéo