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Une étoile au sommet

La grande danseuse Natalia Osipova aux Nuits de Fourvière où elle a présenté en avant-première «Pure Dance». Une création portée par le Sadler’s Well de Londres.

 Une silhouette longiligne, cheveux bruns en chignon, longue jupe et justaucorps rose pâle… Violons et violoncelles, la danseuse étoile virevolte pendant plus de 10 minutes. Grands jetés, arabesques et portés. Une technique impeccable. A ses cotés, Vladimir Shklyarov en collant gris clair et chemise rose.

Emotion dans le public qui salue, debout, le duo. Dans un grand théâtre archi-comble, malgré la pluie. 

Natalia réapparait aux côtés cette fois de Jonathan Goddard sur une musique psychédélique qui bascule dans le lyrique. Tous deux en pantalons et chemisiers blancs. Seul un rayon de lumière perce l’obscurité. Une danse contemporaine très énergique qui défie l’équilibre. De plus en plus angoissante.

Puis on a droit à un solo. Lui assis sur une chaise, allume un vieux téléviseur. Seul avec son ombre. Il tourne, cours, semblant chercher quelqu’un. Sur la Chaconne en ré mineur. Piano. Une partition de Bach en mémoire de sa femme. 

Entracte. Elle revient sur scène avec Jason Kittelberger. Sonate au clair de lune, Beethoven. Une parade nuptiale très animale. 

Puis la star se lâche sur l’Ave Maria de Schubert. En s’affranchissant des codes pour associer classique et contemporain.  

Une valse triste pour le final. Même couple qu’en ouverture. Dans une longue robe lilas, la danseuse est dans un répertoire purement classique. Vladimir la porte sur son épaule en la faisant tourner. Alors que la scène plonge dans le noir sur ce dernier mouvement. 

Natalia Osipova sort des chemins académiques. Après plusieurs années dans les plus grandes compagnies, elle se fait plaisir. Interprétant des rôles plus psychologiques en mélangeant les styles. La danse au sommet de son art qui, vendredi, a provoqué une belle standing ovation.

Manon Benoiston 

"Pure Dance" avec Natalia Osipova, Jonathan Goddard, Matthew Golding et Jason Kittelberg. Durée : 1h50. Au Grand Théâtre dans le cadre des Nuits de Fourvière